Nous connaissions la dessinatrice, nous avons découvert la céramiste.

Ce n'est pas tant un talent précis que nous aimons chez elle mais son univers qui sous une apparence lisse et enfantine laisse deviner une inquiétante étrangeté. C'est autour des contes et surtout du conte du petit chaperon rouge qu'est construite cette exposition dont la scénographie est soignée et précise. Première injonction, ouvrir grand les yeux non seulement sur ce que l'on voit mais aussi, tourner son regard vers l'intérieur de notre fantasmagorie commune, la pénombre des bois, la clairière, le jardin enchanté, la cabane de grand mère, le fond des océans et les ombres qui y passent, un petit chaperon rouge inquiétant, le lapin d'Alice et ce loup dont le sort, ici, comme dans la cruauté du conte, n'est guère enviable.

Nathalie lété s'approprie avec une parfaite maîtrise le dessin et la peinture mais aussi de multiples techniques relevant des arts décoratifs, céramique où elle excelle, travail du tissu, de la laine, du papier ou du bois. C'est ce qui rend son oeuvre si personnelle et intéressante. 

Cette expo nous convie donc à une promenade dans l'univers singulier et poétique d'une créatrice qui, il me semble, emprunte les codes de l'enfance (animaux, couleurs vives, simplification etc...) pour parler de son ambiguïté et de sa permanence rétinienne dans notre psychisme et dans l'art en général.

Place à l'imaginaire......

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Dans la forêt, la nuit

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Près de la cabane de la grand mère, un bonhomme de neige

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un hibou à la fenêtre, est il dedans, est il dehors?

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Dans la chambre du petit chaperon rouge, ses vêtements dans la penderie

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et son inquiétant portrait

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Dans le jardin enchanté, le lapin d'Alice

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Mais

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Le chasseur, la grand mère ou....le petit chaperon rouge

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Quelque soit le meurtrier, on sait où et comment le loup finira

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En côtelettes, en rôti, en saucisse et en boudin

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Une autre artiste dont on rencontre une gigantesque araignée sur la pelouse de l'entrée qui fait écho à celle de Louise Bourgeois nous est présenté dans les cabines de douches le long du bassin, Lydie Arickx. Peintre et sculpteur, elle nous montre mers et ciels à la gouache mais aussi des paysages de métal, des êtres pris dans une gangue de béton et des utérus de verre. Elle décline le thème des cinq éléments dans les cinq cabines consacrées à ses créations, la terre, l'eau, le feu, l'air et la chair. Chez elle il y a toujours l'expression d'une métamorphose, d'un lien profond entre l'être et les éléments. Comme Nathalie Lété, elle explore à la fois de multiples techniques et un univers où l'art s'aventure peu, l'anatomie, non pas la forme du corps mais le dedans, le mystérieux, le charnel, notamment, ici, le développement embryonnaire.

C'est d'une grande force expressive, c'est magnifique. Je n'ai vraiment pas perdu mon temps cet après midi là.

 

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