Avant de pouvoir regarder la série  « Games of thrones », je me suis lancée dans la saga de George R.R. Martin.

Depuis ma découverte de la trilogie de Tolkien, il m’arrive de lire, en douce, de l'« heroic fantasy » avec plaisir comme les romans de Robin Hobb ou d'Ursula Le Guin.

Je me suis donc lancée dans ce « Trône de fer » dont on louait le romanesque et l’imagination (lecture au long cours puisqu'il en existe 12 tomes!). Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'il n’était pas traduit en français ! Entendons nous bien, les mots sont du français, certes, mais l’ensemble est une espèce de langage particulier qui m’a vraiment déconcertée, non que je sois particulièrement  à cheval sur l’imparfait du subjonctif, mais quand même !!!

Y a-t-il un traducteur ? Ah,oui, Mr…..non je ne peux le dénoncer, ce traducteur a, peut être, une vieille mère malade et âgée qui croit qu'il est vraiment traducteur. A moins que son nom ne soit qu’un pseudo pour le fantaisiste traducteur google qui, pour peu qu’on lui fasse traduire un texte en anglais puis ensuite retraduire en français, atteint des sommets de poésie surréaliste. Essayons donc, pour nous amuser, avec un passage du début du " Trône de fer".

 "Mais ce soir différait des autres. Les ténèbres avaient, ce soir, une espèce d'apreté qui vous hérissait le poil. Neuf jours que l'on chevauchait vers le nord, le nord ouest puis derechef le nord, qu'on chevauchait dur sur les traces de cette bande de pillards, et que, ce faisant, l'on s'éloignait de plus en plus du mur."

en anglais:

"But tonight was different from others. The darkness had tonight, a kind of asperity that you bristled hair. Nine days we rode north, north west and then north again, we rode hard on the trail of this band of robbers, and in doing so, we moved away from the more wall."

puis de nouveau, en français:

"Mais ce soir était différent des autres. L'obscurité avait ce soir, une sorte d'âpreté que vous hérissée de cheveux. Neuf jours nous avons roulé au nord, nord-ouest, puis au nord encore, nous avons pédalé sur les traces de cette bande de brigands, et, ce faisant, nous nous sommes éloignés de la paroi plus"

 

Franchement pas tellement plus mauvais que la traduction de Mr Jean Sola (Mince, je l'ai dit!), mais beaucoup plus drôle.

Comment un éditeur (puisque je dénonce, allons y: éditions Pygmalion/ Gérard Watelet, 1998... En 1998, c'était peut être de l'ancien français, non?) peut laisser passer une aussi mauvaise traduction? Cela relève d'une sorte de mépris pour le lecteur "d'heroic fantasy" qui accepterait sans broncher que" La lune éclairait les lieux de plein fouet" ou que" La bise lui glaçait les moelles"

Dommage, car à part cette traduction désastreuse qui glace les moelles, le roman fourmille de personnages et d'actions qui se mettent peu à peu en place, donnant au lecteur le goût de lire, de plein fouet, la suite. Alors que faire?

Il paraîtrait que monsieur le traducteur s'améliore après le tome 5. Patience...... et courage!!!

 

Au fait, si vous avez des nouvelles des autres jeudis, pouvez-vous m'en donner? Sont elles mortes dévorées par leurs bergers allemands,? Sont elles parties en Patagonie comparer les statistiques de pluviométrie? Sont elles en retraite dans un ashram ou rendues muettes de stupéfaction devant le prix des soldes? Sont elles, enfin, jupes droites, serre-tête dans les cheveux, colliers de perles et chapelets en poche, en train de distribuer des tracts contre le mariage gay avec monseigneur l'évêque?

 

#je dis