La semaine des 4 jeudis

28.07.14

A Plougrescant....

Illustration by Yan Nascimbene

 

DSC05459

 

 

 

 

«  Parfois je me pose des questions sur ma vie. Je mène une petite vie, une vie utile mais petite. Et parfois je me demande si je le fais parce que ça me plaît ou parce que j’ai manqué de courage. Ce qui m’entoure me rappelle souvent quelque chose que j’ai lu alors que ça devrait être le contraire non ? »

 

 

 

Yan Nascimbene illustrait la couverture de la collection "Page blanche" chez Gallimard jeunesse, dont on emmenait certains titres tous les étés.

Depuis nos vacances à Plougrescant ressemblent toujours aux illustrations de Yan, alors que ce devrait être le contraire, non?

 

 

A Plougrescant, il arrive qu'on se baigne avec un phoque. Dans l'eau, Flavie a hurlé, tout le monde s'est précipité à son secours, un malaise? Non, un phoque qui la regardait nager ...Il ressemblait à un chien sans les oreilles...

 

 

 

A Plougrescant, on peut acheter des tomates anciennes à Bernard, le play boy de la presqu'île. Au repas, on mesure ses compliments:" Moi, il m'a appelée "Jeune beauté", moi:" Créature de rêve" et à moi, il a dit " Aussi jolie que mes tomates". C'était peut être à cause des coups de soleil, n'empêche,  il n'y a que Bernard pour vous booster l'ego.

 

DSC05485

 

 

A Plougrescant, on peut pêcher au milieu des dauphins. Matthieu et Grégoire, en revenant de la pêche au large de l'île d'Er, nous ont raconté qu'ils avaient navigué avec des dauphins. Ils les ont filmés avec leur téléphone. Les dauphins se mettaient sur le dos exposant leurs ventres comme des chats espérant être caressés. Depuis, il y a beaucoup de candidats pour la pêche aux maquereaux....ou aux poissons rouges

 

DSC00484

 

 

 

 

A Plougrescant, on peut discuter avec la propriétaire de l'île Illiec. Elle nous raconte l' histoire de l'île, le passage d'Ambroise Thomas, de Lindberg. Elle habite dans un manoir avec une tourelle mais sans eau ni électricité. Elle nous prévient: "N'approchez pas trop près, je ne me suis pas lavée depuis 3 semaines" Cependant, elle garde son chapeau de paille avec fleurs et rubans qui menace de s'envoler et sa chemise en liberty qui enfle comme une voile "Vous, du continent, vous ne pouvez pas comprendre!"

Les iliens sont des gens à part.

DSC05162

 

 

A Plougrescant, on peut faire son marché à Tréguier, le mercredi matin. On prend un café et un dôme au caramel au beurre salé sur la place chez Adam tandis que St Tugdual sonne mélancoliquement les heures. "Mais, ce n'est pas possible, j'ai encore cru que c'était le glas!" Puis j'entre dans la cathédrale qui sent l'encens et le moisi et je vais allumer un cierge devant le tombeau de Saint Yves en faisant le même souhait tous les ans, que je porte un appareil dentaire ou que j'ai de fines rides au coin des yeux:" Et si les vacances ne finissaient jamais" Je n'ai encore jamais été exaucée.

DSC05080

 

 

A Plougrescant, on peut décider d'aller jusqu'à l'île Maudez, en face de Bréhat. Les garçons se seront concertés la veille en buvant une bière, ils auront consulté l'horaire et le coefficient de la marée. On avancera au fur et à mesure que la marée reculera, on passera des rivières en prenant les enfants sur les épaules avec un peu de chance un goémonier nous montera sur son tracteur. On s'assoiera dans le siège de roc de saint Maudez, on pique niquera sur une plage de bout du monde puis il faudra se dépêcher avant que la marée ne nous transforme en naufragés. Les mères seront un peu inquiètes de ne pas comprendre où se trouve la côte en jetant un oeil en arrière sur la mer qui monte à la vitesse du galop d'un cheval. Le soir, on se dira: "oh, c'était juste!"

 

DSC05165

 

 

 

 

A Plougrescant, on va regarder le coucher du soleil, en pyjama sur la plage, on prend des photos qui nous ferons soupirer en automne et on espère voir le rayon vert, on espère, on espère, on espère, quand le plus rationaliste du groupe s'interroge:" Non, mais vous êtes sur que ça existe vraiment ce truc là?". Alors, Perséphone lui dit que les choses n'existent que si on croit en elles....Après le coucher de soleil, on contemple la nuit....

DSC05264

 

DSC04950

DSC00286

 

A Plougrescant, quand il fait gris, on découvre toutes la palette des gris, gris vert, gris bleu, gris gris, gris mauve. C'est beau le gris....

 

DSC02275

 

DSC05087

 

 

 

A Plougrescant, quand il pleut, je suis frisée comme un mouton et mes petits cheveux retiennent le crachin j'ai un diadème de gouttes minuscules. J'enfile mon Cotten et mon pull marin. Je suis la princesse de la pluie.

 

 

 

A Plougrescant, il y a des jardins, Pellinec, Kerdalo, La Roche jagu, des nains de jardin et des korrigans qui courent autour de nous.

 

DSC04964

DSC05007 

 

A Plougrescant, c'est important, il y a Evangéline Secrétan qui prépare du chou grillé au thon.

 

 

A Plougrescant, on se baigne quand la marée est haute, même à 6h30, même à 22h, sinon on ne se baigne pas ou sur certaines plages ultra secrètes.

 

DSC05115

 

 A Plougrescant on discute des heures dans la cuisine en prenant des nouvelles des uns et des autres puis on écoute les vieux disques de Patrice qui nous font frissonner parce qu'on les entendait déjà, à 15 ans, dans la voiture des parents!

chris donner, Lettere dal mare, einaudi ragazzi, ill. di Yan Nascimbene. 1993 -5 

 

DSC05483

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=804KJOFJBvA

 

A Plougrescant on peut faire du cerf volant, il y a toujours du vent.

DSC00447

 

 

A Plougrescant on peut se tricoter un pull juste de la couleur de la mer quand il fait du soleil en transparence sur un sable clair (topaze, Holst Garn).

DSC05246

 

DSC05476

 

 

A Plougrescant, tout le monde prend vraiment le temps de lire

 

 

DSC00453

 

 

 

A Plougrescant on a le temps de faire du bateau

DSC05573

 

 

 

de lézarder dans une tâche de soleil

Yan Nascimbene illustrator

 

d'aller dans un petit restau de temps en temps

 

 

The crepe - Picture of Le Gouermel, Plougrescant - TripAdvisor 

 

et de faire l'expérience de la petite madeleine.....

DSC05576

 

 

 #je dis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par les 4 jeudis à 00:22 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :


20.07.14

Amours potagères

 

 

DSC05411

 

 

#jeu10

 

Posté par les 4 jeudis à 16:58 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

10.07.14

L'opéra sauvage de Tim Willocks

 

Après le siège de Malte par les turcs, sujet du précédent roman de l'auteur, "La Religion", nous suivons Mattias Tannhauser qui cherche à rejoindre sa femme à Paris le 23 août 1572, la veille du massacre de la saint Barthélémy.

Penser que Tim Willocks à l'image d'Alexandre Dumas ("La reine Margot") ou de Robert Merle ("Paris, ma bonne ville", excellent roman un peu oublié) a écrit un roman historique me semble une erreur, même si les évènements du mois d'août 1572 servent de toile de fond à son intrigue. Nous sommes plus dans une épopée mythologique à l'image de "L'iliade" avec laquelle ce roman partage plusieurs points communs. En effet, par Mattias, sorte de héros du carnage, l'univers plus ou moins ordonné de la situation historique ( protestants et catholiques rassemblés à Paris pour le mariage d'Henri de Navarre avec la fille de Catherine de Médicis) va basculer dans un chaos sauvage. Il n'y a plus de combat loyal mais extermination. Il n'y a plus de cadre, plus de mesure.

La violence des descriptions de cette extermination est extrême, voire insoutenable.

"Tannhauser frappa le pèlerin suivant dans les reins et l'ouvrit jusqu'à l'omoplate, avant de relever son arme pour faire voler l'épée du dernier de la rangée. Il accentua sa poussée, pivotant sur la hanche, lui découpa le côté du visage jusqu'à la narine opposée. Il roula la hampe de sa pique à deux mains, comme s'il remontait l'eau d'un puits, et sentit le craquement quand la lame sépara la mâchoire inférieure du reste de sa tête, comme une palourde obstinée. La spontone glissa, libre, lorsqu'il recula, et il embrocha le pèlerin dans le sternum, le souleva et le balança dans les jambes de la mêlée."

Si ces quelques lignes vous donnent la nausée, vous ne saurez pas lire "Les douze enfants de Paris" Pourtant cette violence concoure à faire du récit une prouesse littéraire, une sorte de cauchemar halluciné, une boucherie symbolique où l'adversaire n'est réduit qu'à un corps à dépecer. La violence sous toutes ses formes est interrogée, comme moteur de l'histoire, comme corollaire du fanatisme, comme archétype de la survie, comme origine de la vie puisque Carla, la femme de Mattias accouche au milieu de cette furie mais aussi comme seul faire valoir à l'amour qu'il éprouve pour elle, entre souillure et rédemption. 

La fin du roman atteint un tel paroxysme qu'elle nous mène dans une symbolique de l'enfer. Dans une barque, les survivants de l'épopée, les douze enfants, tentent de sortir de Paris entre les flammes par la Seine rouge de sang.

Il y a aussi dans ce roman du Victor Hugo de "Notre Dame de Paris", une cour des miracles, des personnages secondaires très "typés" dont un "Quasimodo", roi de cette cour,  qui se sacrifiera par amour. L'univers de Tim Willocks montre un goût certain pour le "gothique".

Si je ne vous ai pas découragés, sachez quand même qu'il est impossible de refermer le livre avant d'en connaître la fin, c'est un vrai "page turner" à condition d'avoir le coeur bien accroché et de lire cette violence en prenant le recul du symbolique. L'écriture est fluide, concise et poétique. C'est un roman étonnant.

 

Mais que faisait l'auteur avant d'écrire, était il boucher? Ha, non chirurgien.......d'accord....

 

#je dis

 

08.07.14

Sur la route..... Nicolas de Staël

 

 

 

DSC05302

 

 

Il faut absolument s'arréter au musée André Malraux du Havre pour voir l'exposition "Nicolas de Staël, lumières du nord, lumières du sud"".

Le cadre même du musée baigné de ciel et de mer entre en résonance avec la liberté et la fluidité de sa peinture. C'est une expérience unique, qu'être, à la fois, dedans et dehors.

C'est un de mes peintres préférés... De ses peintures surgissent un lyrisme qu'on trouve peu chez les abstraits et une poésie vibrante et sensible de la forme épurée.

 

 

 

En effet, entre abstraction et figuration, de Staël refuse de choisir. "Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative, abstraite en tant que mur, figurative en tant qu'espace"

Il ne garde du réel, que des fantômes flottant dans la lumière de ses grands aplats qui structurent l'espace.

 

 

 

Quelques fois, la matière se superpose, un noir sous un jaune qu'on devine à des traces, des bordures qui font vibrer la couleur, quelques fois, la peinture est tirée laissant apparaitre les irrégularités du support lui donnant une sorte de fraîcheur immédiate.

Ici, sont présentés ses paysages, du nord au sud, avec des gammes chromatiques différentes mais qui se rejoignent sur l'idée d'un espace fluide et ouvert et sur des bleus ou des gris.

DSC05308

 

 

 

Les gris, les bleus, les verts de Calais ou de la Normandie sont opaques comme une mer sous un ciel pluvieux, souvent l'horizon disparaît, et, au contraire des impressionnistes, la lumière n'est pas diffraction mais reste captive de formes géométriques qui la font chanter comme jamais.

 

 

 

Une lumière mélancolique douce et soyeuse surgissant des rouges d'un signal et des noirs de la côte ou d'un quai pour la lumière du nord 

 

 

et l' éclat brutal de la lumière de Sicile ou du midi qui casse les jaunes et les bleus en contrastes tragiques.

DSC05311

 

 

Souvent il impose, par le biais d'une route, une ligne de fuite qui concentre le regard en un point du tableau où se cloture ou bien s'ouvre un espace presque métaphysique.

 

 

On sent chez lui une nécessite une exigence de faire surgir la vérité d'une émotion:" Toute ma vie j'ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m'aider à vivre, me libérer de toutes les impressions, toutes les sensations, toutes les inquiétudes auxquelles je n'ai jamais trouvé d'autres issues que la peinture."

Nicolas de Staël - Musée d’art moderne André Malraux

 

et cette émotion, ces impressions, nous les partageons vraiment, en contemplant ses toiles.

DSC05307

 

 

Même le paysage en sortant du musée était un hommage à la peinture de Nicolas de Staël

DSC05341

 

"Le champ de tous est celui de chacun, trop pauvre, momentanément abandonné.
Nicolas de Staël nous met en chemise et au vent la pierre fracassée.
Dans l'aven des couleurs, il la trempe, il la baigne, il l'agite, il la fronce.
Les toiliers de l'espace lui offrent un orchestre.
Ô toile de rocher, qui frémis, montrée nue sur la corde d'amour !
En secret un grand peintre va te vêtir, pour tous les yeux, du désir le plus entier et le moins exigeant."

René Char

 

#je dis

 

 

Posté par les 4 jeudis à 07:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

06.07.14

Ce qu'il faut absolument faire cet été pour revenir un peu différente.....

 

 

DSC00637

 

Tirer une couverture et s'allonger dans l'herbe, un jour où le ciel est clair, se perdre dans les étoiles, se sentir tout petit, presque rien, penser qu'on a pas tellement d'importance et se demander s'il existe vraiment un but à tout cela …..

Se baigner, la nuit, dans l'eau noire, affronter sa peur des profondeurs, de ce qui peut surgir, de ce qui peut nous frôler, regarder le reflet des lumières dans l'eau, les phares qui clignotent, ne penser qu'aux scintillements ....

Se baigner quand il pleut, se sentir dehors et dedans, eau douce, eau salée, écouter le clapotement et se laisser bercer comme un petit enfant

Prendre un « bain de bois » comme disent les japonais, se promener dans une forêt un jour où il ne fait pas beau, s'immerger profondément se perdre ou faire semblant, respirer l'odeur de terre humide, respirer l'odeur des feuilles en décomposition et s'impregner

Aller prendre un café sur la place, s'assoir bien au fond du siège et regarder le ballet de la vie ordinaire et se dire si je ne bouge pas, j'échappe à la vie ordinaire.

Assis dans un transat, fermer les yeux, écouter l'enfant qui pleure en nous, pour une fois, prendre le temps de le consoler.

Glisser sa main dans une autre main sentir sa chaleur , la qualité de sa peau, la forme de ses doigt, deviner le squelette et se répéter personne ne m'appartient et cette main quittera la mienne

Fixer un oiseau, un nuage grimper sur son dos, regarder la mer, les dunes, le paysage défiler et savoir qu'on peut toujours partir malgré tout

Essayer de voir le rayon vert essayer tous soirs et recommencer sans se décourager

Lire Claudel avec application, se répéter les phrases tout haut, les chanter et penser:"Whaouh,  c'est beau!"

Se plier au vent ne pas résister se faire malmener et battre, se faire gifler et se dire: " je l'ai bien mérité."

Oublier ses enfants, les libérer de votre regard, qu'ils aient plaisir à venir s'y réfugier, s'ignorer et se retrouver

 

Posté par les 4 jeudis à 07:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]



26.06.14

soirée pyjama !

Soirée pyjama chez Léontine

Samedi soir c'est soirée pyjama à la maison. Ma "grande" de 5 ans 1/2 a invité 5 copines pour la soirée, la nuit et le matin.

Je sèche un peu sur les activités et jeux à proposer.

Vous avez des idées ?

{au fait, l'illustration vient du livre de Yeong-Hee Lim et joliement illustré par Amélie Graux }

 

#jeu10

Posté par les 4 jeudis à 20:36 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

La recherche du temps perdu de Julian fellowes

 

 Le narrateur du roman de Julian fellowes(qui ressemble à s'y méprendre à l'auteur) reçoit une lettre d'un ancien condisciple qu'il n'a pas vu depuis plus de quarante ans. Leur dernière rencontre, mystérieusement, semble avoir interdit tout lien entre eux. Damian était un jeune homme venu de nulle part, brillant et ambitieux dont le seul but était de pénétrer le cercle très fermé de la gentry. Aujourd'hui, malade, il lui demande, après avoir reçu une lettre anonyme lui révélant qu'il est père d'un enfant, de chercher cet enfant qu'il aurait eu d'une de ses nombreuses liaisons de jeunesse, pour lui  léguer son immense fortune. Le narrateur va donc retrouver une à une ces femmes qui furent des "débutantes" de l'aristocratie britannique dans les années 60/70.

Le roman est un récit classique en littérature de l'arriviste qui veut intégrer une classe auquel il n'appartient pas (Rastignac, Julien Sorel). C'est par la séduction un peu cynique des filles, surveillées par des mères corsetées et attentives au moindre faux pas, qu'il va tenter d'y parvenir. C'est un roman qui révèle le mur des codes implicites mis en place dans une classe sociale, plus cette classe est "élevée" plus ses codes sont obscurs et cryptés pour celui qui cherche à s'y introduire. 

Impossible, également, de ne pas penser à Proust dans leur démarche commune de décrire un monde d'hier confronté à une rupture sociale, chez Proust, l'affaire Dreyfus et la guerre 14, chez Fellowes, le choc des années du "swinging london" qui bouleversèrent l'Angleterre des années 60.

Le roman alterne en miroir le récit de ces années et ce que les personnages sont devenus aujourd'hui

Fellowes est expert, comme dans "Gosford park" ou "Downton abbey" dont il est le scénariste, à traquer les ridicules de la gentry sans se départir d'une tendresse pour ce milieu dont il est issu et qui peine à s'adapter à la modernité.  C'est la grande force du roman, montrer cette société refermée sur elle même dont les membres se cooptent et mettent plus haut que tout le nom et l'origine. Il est sans complaisance (le narrateur ne s'épargne pas!), sévère, ironique mais un peu nostalgique de ce monde perdu dont les valeurs semblent être supplantées par la vulgarité de l'argent, la perte des "manières" et l'abandon d'une forme de morale.

J'ai beaucoup aimé ce roman qui me semble assez universel. Le clivage des codes est sans doute le fondement d'une société de classe et son mécanisme semble perdurer dans les sociétés contemporaines (il suffit d'avoir lu "La violence des riches" des Pinçon Charlot!). Plus que l'argent, c'est une forme de culture infuse qui fait la différence et garde l'individu au sein de sa propre classe. Le récit est mené comme une enquête. La recherche de cet enfant, de sa mère mais aussi de ce qui s'est dénoué au Portugal tiennent l'intéret du lecteur. Les analyses de l'évolution de la société anglaise sont pertinentes, les anecdotes souvent très drôles (un bal où des gâteaux fourrés au cannabis sont servis, malencontreusement, en dessert par exemple!) et les personnages émouvants. Fellowes a le goût du détail, il décrit l'importance d'avoir un chapeau usé à Ascot, la blancheur des robes des débutantes, les manoirs dans lesquels les tableaux d'ancêtres valent mieux que le confort.

Un roman, extrêmement britannique par son sujet, par son ton entre ironie et tendresse, par sa légère mélancolie... donc.... un excellent roman.

 

#je dis

 

Posté par les 4 jeudis à 08:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

23.06.14

"Jersey boy" de Clint Eastwood

http://lesplumesasthmatiques.net/fr/wp-content/uploads/2014/04/jersey-boys-affiche-et-bande-annonce.jpg

 

Oh, le bonheur d'aller au cinéma, les jours de match!

Nous arrivons en retard, on nous dit "On a arrêté la machine, il n'y avait personne, mais si vous voulez, on relance le film pour vous!". Nous avons donc eu la salle pour nous tout seuls.

Nous avons pu danser et twister dans les allées quand nos pieds battaient la mesure en cadence, "Jersey boy" de Clint Eastwood, oblige.

Pourvu que les français aillent très loin dans cette coupe du monde!

 

Le film est curieusement adapté d'une pièce de théâtre retraçant la vie d'un groupe célèbre à l'époque " The four season" et de son chanteur principal Frankie Valli, qui a lancé la mode des chanteurs à voix très aiguë. Le groupe résistait, dans ces années là, au rouleau compresseur des Beatles, c'est dire!. On assiste aux débuts de ses italiens un peu délinquants mais "tellement sympathiques", lancés par la mafia locale, puis, à  l'apogée du groupe et à son déclin fait de querelles d'ego, d'ennuis financiers et de problèmes familiaux. 

Comme tous les films d'Eastwood, le film est impeccable, sans surprises. La reconstitution des années 50/60 est parfaite, le casting est excellent, mais le film reste un peu consensuel, classique et académique, sans véritables surprises. Il n'a, cependant, pas la prétention d'autre chose. Cette épopée d'italiens modestes, descendants d'émigrés qui saisissent leur chance et prennent la responsabilité de leur destin, reste l'illustration de la réussite et des revers d'une mythologie américaine qu'Eastwood, sans en avoir l'air explore de films en films, avec un zest de mélancolie. Nous avons passé un très bon moment (surtout à nous trémousser dans les allées!) mais nous ne nous sommes pas disputés dans la voiture en rentrant à la maison, ce qui est l'indice d'un film un peu banal. Quand le film suscite débats, nous arrivons en sang et nous boudons pendant une semaine!

Woody Allen a réalisé un film un peu sur ce thème "Accords et Désaccords" beaucoup plus sensible, il me semble.

Très belle affiche!

 

#je dis

Posté par les 4 jeudis à 18:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

22.06.14

Lendemain....quand la musique s'est tue.....

 

 

The Sound of Silence Art Print

 

John Tibott

Posté par les 4 jeudis à 09:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

21.06.14

welcome !

 

 

 

 

Allez, on l'encourage !

 

#jeu10

 

Posté par les 4 jeudis à 06:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,



Fin »