La semaine des 4 jeudis

28.08.14

A spicy tomato sauce....

 

 

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22.08.14

C'est bientôt la rentrée.....

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Ca arrive toujours à un moment ou à un autre. On se dit : « Tiens l’été est fini, c’est déjà presque l’automne ». C’est difficile à expliquer : une fraîcheur, le matin, des toiles d'araignée qui retiennent la rosée et, le soir, une certaine qualité de la lumière ; dans l’oreille, des poèmes d’école ou l’ « Elégie » de Fauré.

Le violoncelle de Fauré souffle, les feuilles volent : « Colchiques dans les prés, c’est la fin de l’été »

Les profs des jeudis ont commencé à préparer leurs cours, à feuilleter des manuels, à construire des séances. Sur les tableaux noirs dans les cuisines, les médecins des jeudis marquent leurs gardes et leurs astreintes, l'agronome inscrit ses déplacements : Prague le 6, 7 8, Berlin, Bruxelles, Genève. On songe aux activités des enfants, comment concilier la danse, la musique et la baby gym. On prend de bonnes résolutions, courir 2 fois par semaine, s'inscrire au jiu jitsu ( arrête....C'est juste à cause du prof!), ou, pourquoi pas, faire du chant lyrique, de la danse orientale ou du trapèze volant mais aussi prendre, enfin, le temps de méditer grâce au livre de Christophe André qu'on a à peine ouvert ou préférer déjeuner avec ses copines plutôt que finir son roman dans son coin. Il faut aussi laver les rideaux du séjour, prévoir  la vidange de la voiture, faire ramoner la cheminée et penser à un Auchan drive pour le lait, la lessive et...

En un mot reprendre le train train quotidien, les jours qui se ressemblent, réveil qui sonne, eau qui bout, Patrick Cohen et le coeur qui se brise en Syrie, en Ukraine, en Palestine, en Irak ou sur les trottoirs de Paris, le monde à feu et à sang, la crise économique, une tâche sur le pull qu'on a pas vue et qu'on essayera de cacher sous le foulard ou la blouse, la voiture glacée, les essuie-glaces qui soupirent chouette fraîche, chouette fraîche, chouette fraîche, le taureau dans le pré qui meugle au moment de la météo, un baiser distrait « à ce soir » et un sachet de larmes dans les poches... Moral au plus bas rien que d'y penser.

C'est qu'on a le coeur bien plus grand, une faim jamais rassasiée, un désir d'absolu, une envie d'intensité, d'aller jusqu'au bout, on a des rêves et encore des rêves. Alors on se met de petits pansements, on convoque les petites joies, les petits projets dans un coin de son agenda, aller voir Apolline à Marseille, peut être Jeanne en Guadeloupe à la Toussaint et puis... l'automne, quand même, c'est notre saison préférée. Elle vient avec la course des nuages dans le ciel, avec les lumières dorées des matins, elle vient avec les pluies. Nous allons pouvoir respirer son odeur et son mystère dans les bois, écouter le brame des cerfs et le huhulement de la chouette, ma chouette, qui se perche à l'aplomb de la marquise. Nous irons au marché, le samedi matin, et prendre un café, au chaud, tandis qu'au dehors la pluie et le vent d'automne retourneront les parapluies.

Nous irons nous étourdir à Amsterdam, Bruxelles et Londres, nous irons nous étourdir.....

Il faut bien recommencer, cesser de rêver sa vie plutôt que de la vivre, c'est bientôt la rentrée.....

 

 

 

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18.08.14

Se réchauffer....

 

 

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J'aime la forme et les détails (le logo "Thermor, la poignée de céramique...) de ces petits chauffages d'appoint des années 50 qu'on trouve encore beaucoup sur les brocantes. Il est très facile de les transformer en lampes. Il suffit de démonter le corps de chauffe et de le remplacer par une douille.

Mon prochain défi, faire une lampe pour jedi avec un fragment de caisse à melons qu'elle a ramené de Noirmoutier et qui porte une partie de son prénom.

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Il faut reconnaître que la tâche aurait été plus compliquée, si elle s'était appelée Mauricette ou Hildegarde!

 

#je dis

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11.08.14

Lectures d'été....

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"Un bonheur parfait"  de James Salter

"Nous filons sur le fleuve noir aux bas fonds lisses telle la pierre. Pas un bateau, pas un canot, pas le moindre éclat blanc. La surface se craquelle, traversée par le vent. L'estuaire est vaste, infini, les eaux saumâtres, bleuies par le froid. Le flot se trouble. Les oiseaux de mer planent, et tournoient avant de disparaître. Rêve du passé, franchi en un éclair. Après les hauts-fonds, l'eau s'éclaircit, moins profonde, sur notre passage: barques tirées au sec pour l'hiver, embarcadères déserts. Ailés comme des mouettes, nous nous élançons dans les airs, faisons volte face.

J'ai lu ces premières lignes et j'ai su que je serai éblouie par ce roman....

Le bonheur parfait  (Oh, comme le titre américain est plus juste "Light years"!) pourrait être celui de Viri et Nedra, un couple de bourgeois cultivés, de leurs deux filles et de leurs amis, qui vivent dans une vieille maison à la campagne. Il est architecte, elle reste à la maison avec ses filles. Bonheur parfait, donc, si ce n'est que la vie est trop grande, le désir trop insouciant, et que le temps se charge de l'usure des liens. 

C'est donc plus un roman sur le souvenir du bonheur...

"Il n'y a pas de plus grand bonheur que celui ci, les matins tranquilles, la lumière du fleuve, la perspective d'un week-end.(...) Ils menaient une vie "russe", une vie riche où s'entremêlaient les évènements, ou le malheur ou la maladie de l'un d'eux les ébranlaient tous, une vie belle du dehors, chaude à l'intérieur comme un vêtement."

Il se développe par fragments, par des juxtapositions de moments, de récits, quelques fois très courts,  qui cherchent à sauver ce qui peut l'être des instants du bonheur. Viri et Nedra ne sont pas fidèles, certes, mais ce n'est pas si grave c'est  seulement que le mariage dure trop longtemps et qu'avec le temps il perd de sa magie.  "C'est comme une photo brulée, certains morceaux du cliché sont encore là, mais la partie principale a disparu"

Ce n'est pas tant le sujet qui nous captive mais la prose de Salter. C'est le roman d'un peintre, chaque page est un poème rayonnant de sensualité et de mélancolie à la manière d'une nature morte de Chardin, il s'attarde sur un repas, une fête, une histoire racontée aux enfants, une discussion entre amis, une visite chez le tailleur. Chaque élément prend une densité lumineuse et cristalline puisque qu'on sent toujours la menace de l'usure impalpable de ce bonheur.

Nous savons tous, implicitement, que l'amour ne dure pas, que c'est une illusion mais Salter nous fait comprendre que même si le bonheur a fui, s'en souvenir, c'est encore le bonheur et qu'il suffit d'avoir été aimé, au moins une fois véritablement,  pour enrichir à jamais une oeuvre ou une vie. A relire le premier paragraphe, je me demande si on ne peut y voir une image symbolique de nos vies

"Un bonheur parfait" est un roman mélancolique mais néanmoins délicieux.

 

 

J'ai lu également:

 

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 " Sous la glace" et "Révélation brutale" de Louise Penny

Deux romans policiers assez atypiques d'une canadienne (ah, le vocabulaire!), dont le réalisme n'est pas l'essentiel mais qui fourmillent de fantaisie et d'humour avec des personnages et des dialogues pittoresques. L' enquète est très intéressante dans le second.

 

 

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 "Mary Barton" d'Elizabeth Gaskell

La "Jane Austen" des villes industrielles. Si vous n'avez pas lu "Nord et Sud" précipitez vous....Mais celui ci n'est pas mal non plus.

 

 

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"Une saison à Longburn" de Jo Baker

"Orgueil et préjugés"  coté domestiques, une approche biaisée originale et plutôt bien écrite, seule "l'intrigue" est un peu attendue

 

#je dis

 

28.07.14

A Plougrescant....

Illustration by Yan Nascimbene

 

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«  Parfois je me pose des questions sur ma vie. Je mène une petite vie, une vie utile mais petite. Et parfois je me demande si je le fais parce que ça me plaît ou parce que j’ai manqué de courage. Ce qui m’entoure me rappelle souvent quelque chose que j’ai lu alors que ça devrait être le contraire non ? »

 

 

 

Yan Nascimbene illustrait la couverture de la collection "Page blanche" chez Gallimard jeunesse, dont on emmenait certains titres tous les étés.

Depuis nos vacances à Plougrescant ressemblent toujours aux illustrations de Yan, alors que ce devrait être le contraire, non?

 

 

A Plougrescant, il arrive qu'on se baigne avec un phoque. Dans l'eau, Flavie a hurlé, tout le monde s'est précipité à son secours, un malaise? Non, un phoque qui la regardait nager ...Il ressemblait à un chien sans les oreilles...

 

 

 

A Plougrescant, on peut acheter des tomates anciennes à Bernard, le play boy de la presqu'île. Au repas, on mesure ses compliments:" Moi, il m'a appelée "Jeune beauté", moi:" Créature de rêve" et à moi, il a dit " Aussi jolie que mes tomates". C'était peut être à cause des coups de soleil, n'empêche,  il n'y a que Bernard pour vous booster l'ego.

 

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A Plougrescant, on peut pêcher au milieu des dauphins. Matthieu et Grégoire, en revenant de la pêche au large de l'île d'Er, nous ont raconté qu'ils avaient navigué avec des dauphins. Ils les ont filmés avec leur téléphone. Les dauphins se mettaient sur le dos exposant leurs ventres comme des chats espérant être caressés. Depuis, il y a beaucoup de candidats pour la pêche aux maquereaux....ou aux poissons rouges

 

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A Plougrescant, on peut discuter avec la propriétaire de l'île Illiec. Elle nous raconte l' histoire de l'île, le passage d'Ambroise Thomas, de Lindberg. Elle habite dans un manoir avec une tourelle mais sans eau ni électricité. Elle nous prévient: "N'approchez pas trop près, je ne me suis pas lavée depuis 3 semaines" Cependant, elle garde son chapeau de paille avec fleurs et rubans qui menace de s'envoler et sa chemise en liberty qui enfle comme une voile "Vous, du continent, vous ne pouvez pas comprendre!"

Les iliens sont des gens à part.

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A Plougrescant, on peut faire son marché à Tréguier, le mercredi matin. On prend un café et un dôme au caramel au beurre salé sur la place chez Adam tandis que St Tugdual sonne mélancoliquement les heures. "Mais, ce n'est pas possible, j'ai encore cru que c'était le glas!" Puis j'entre dans la cathédrale qui sent l'encens et le moisi et je vais allumer un cierge devant le tombeau de Saint Yves en faisant le même souhait tous les ans, que je porte un appareil dentaire ou que j'ai de fines rides au coin des yeux:" Et si les vacances ne finissaient jamais" Je n'ai encore jamais été exaucée.

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A Plougrescant, on peut décider d'aller jusqu'à l'île Maudez, en face de Bréhat. Les garçons se seront concertés la veille en buvant une bière, ils auront consulté l'horaire et le coefficient de la marée. On avancera au fur et à mesure que la marée reculera, on passera des rivières en prenant les enfants sur les épaules avec un peu de chance un goémonier nous montera sur son tracteur. On s'assoiera dans le siège de roc de saint Maudez, on pique niquera sur une plage de bout du monde puis il faudra se dépêcher avant que la marée ne nous transforme en naufragés. Les mères seront un peu inquiètes de ne pas comprendre où se trouve la côte en jetant un oeil en arrière sur la mer qui monte à la vitesse du galop d'un cheval. Le soir, on se dira: "oh, c'était juste!"

 

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A Plougrescant, on va regarder le coucher du soleil, en pyjama sur la plage, on prend des photos qui nous ferons soupirer en automne et on espère voir le rayon vert, on espère, on espère, on espère, quand le plus rationaliste du groupe s'interroge:" Non, mais vous êtes sur que ça existe vraiment ce truc là?". Alors, Perséphone lui dit que les choses n'existent que si on croit en elles....Après le coucher de soleil, on contemple la nuit....

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A Plougrescant, quand il fait gris, on découvre toutes la palette des gris, gris vert, gris bleu, gris gris, gris mauve. C'est beau le gris....

 

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A Plougrescant, quand il pleut, je suis frisée comme un mouton et mes petits cheveux retiennent le crachin j'ai un diadème de gouttes minuscules. J'enfile mon Cotten et mon pull marin. Je suis la princesse de la pluie.

 

 

 

A Plougrescant, il y a des jardins, Pellinec, Kerdalo, La Roche jagu, des nains de jardin et des korrigans qui courent autour de nous.

 

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A Plougrescant, c'est important, il y a Evangéline Secrétan qui prépare du chou grillé au thon.

 

 

A Plougrescant, on se baigne quand la marée est haute, même à 6h30, même à 22h, sinon on ne se baigne pas ou sur certaines plages ultra secrètes.

 

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 A Plougrescant on discute des heures dans la cuisine en prenant des nouvelles des uns et des autres puis on écoute les vieux disques de Patrice qui nous font frissonner parce qu'on les entendait déjà, à 15 ans, dans la voiture des parents!

chris donner, Lettere dal mare, einaudi ragazzi, ill. di Yan Nascimbene. 1993 -5 

 

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http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=804KJOFJBvA

 

A Plougrescant on peut faire du cerf volant, il y a toujours du vent.

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A Plougrescant on peut se tricoter un pull juste de la couleur de la mer quand il fait du soleil en transparence sur un sable clair (topaze, Holst Garn).

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A Plougrescant, tout le monde prend vraiment le temps de lire

 

 

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A Plougrescant on a le temps de faire du bateau

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de lézarder dans une tâche de soleil

Yan Nascimbene illustrator

 

d'aller dans un petit restau de temps en temps

 

 

The crepe - Picture of Le Gouermel, Plougrescant - TripAdvisor 

 

et de faire l'expérience de la petite madeleine.....

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 #je dis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20.07.14

Amours potagères

 

 

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#jeu10

 

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10.07.14

L'opéra sauvage de Tim Willocks

 

Après le siège de Malte par les turcs, sujet du précédent roman de l'auteur, "La Religion", nous suivons Mattias Tannhauser qui cherche à rejoindre sa femme à Paris le 23 août 1572, la veille du massacre de la saint Barthélémy.

Penser que Tim Willocks à l'image d'Alexandre Dumas ("La reine Margot") ou de Robert Merle ("Paris, ma bonne ville", excellent roman un peu oublié) a écrit un roman historique me semble une erreur, même si les évènements du mois d'août 1572 servent de toile de fond à son intrigue. Nous sommes plus dans une épopée mythologique à l'image de "L'iliade" avec laquelle ce roman partage plusieurs points communs. En effet, par Mattias, sorte de héros du carnage, l'univers plus ou moins ordonné de la situation historique ( protestants et catholiques rassemblés à Paris pour le mariage d'Henri de Navarre avec la fille de Catherine de Médicis) va basculer dans un chaos sauvage. Il n'y a plus de combat loyal mais extermination. Il n'y a plus de cadre, plus de mesure.

La violence des descriptions de cette extermination est extrême, voire insoutenable.

"Tannhauser frappa le pèlerin suivant dans les reins et l'ouvrit jusqu'à l'omoplate, avant de relever son arme pour faire voler l'épée du dernier de la rangée. Il accentua sa poussée, pivotant sur la hanche, lui découpa le côté du visage jusqu'à la narine opposée. Il roula la hampe de sa pique à deux mains, comme s'il remontait l'eau d'un puits, et sentit le craquement quand la lame sépara la mâchoire inférieure du reste de sa tête, comme une palourde obstinée. La spontone glissa, libre, lorsqu'il recula, et il embrocha le pèlerin dans le sternum, le souleva et le balança dans les jambes de la mêlée."

Si ces quelques lignes vous donnent la nausée, vous ne saurez pas lire "Les douze enfants de Paris" Pourtant cette violence concoure à faire du récit une prouesse littéraire, une sorte de cauchemar halluciné, une boucherie symbolique où l'adversaire n'est réduit qu'à un corps à dépecer. La violence sous toutes ses formes est interrogée, comme moteur de l'histoire, comme corollaire du fanatisme, comme archétype de la survie, comme origine de la vie puisque Carla, la femme de Mattias accouche au milieu de cette furie mais aussi comme seul faire valoir à l'amour qu'il éprouve pour elle, entre souillure et rédemption. 

La fin du roman atteint un tel paroxysme qu'elle nous mène dans une symbolique de l'enfer. Dans une barque, les survivants de l'épopée, les douze enfants, tentent de sortir de Paris entre les flammes par la Seine rouge de sang.

Il y a aussi dans ce roman du Victor Hugo de "Notre Dame de Paris", une cour des miracles, des personnages secondaires très "typés" dont un "Quasimodo", roi de cette cour,  qui se sacrifiera par amour. L'univers de Tim Willocks montre un goût certain pour le "gothique".

Si je ne vous ai pas découragés, sachez quand même qu'il est impossible de refermer le livre avant d'en connaître la fin, c'est un vrai "page turner" à condition d'avoir le coeur bien accroché et de lire cette violence en prenant le recul du symbolique. L'écriture est fluide, concise et poétique. C'est un roman étonnant.

 

Mais que faisait l'auteur avant d'écrire, était il boucher? Ha, non chirurgien.......d'accord....

 

#je dis

 

08.07.14

Sur la route..... Nicolas de Staël

 

 

 

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Il faut absolument s'arréter au musée André Malraux du Havre pour voir l'exposition "Nicolas de Staël, lumières du nord, lumières du sud"".

Le cadre même du musée baigné de ciel et de mer entre en résonance avec la liberté et la fluidité de sa peinture. C'est une expérience unique, qu'être, à la fois, dedans et dehors.

C'est un de mes peintres préférés... De ses peintures surgissent un lyrisme qu'on trouve peu chez les abstraits et une poésie vibrante et sensible de la forme épurée.

 

 

 

En effet, entre abstraction et figuration, de Staël refuse de choisir. "Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative, abstraite en tant que mur, figurative en tant qu'espace"

Il ne garde du réel, que des fantômes flottant dans la lumière de ses grands aplats qui structurent l'espace.

 

 

 

Quelques fois, la matière se superpose, un noir sous un jaune qu'on devine à des traces, des bordures qui font vibrer la couleur, quelques fois, la peinture est tirée laissant apparaitre les irrégularités du support lui donnant une sorte de fraîcheur immédiate.

Ici, sont présentés ses paysages, du nord au sud, avec des gammes chromatiques différentes mais qui se rejoignent sur l'idée d'un espace fluide et ouvert et sur des bleus ou des gris.

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Les gris, les bleus, les verts de Calais ou de la Normandie sont opaques comme une mer sous un ciel pluvieux, souvent l'horizon disparaît, et, au contraire des impressionnistes, la lumière n'est pas diffraction mais reste captive de formes géométriques qui la font chanter comme jamais.

 

 

 

Une lumière mélancolique douce et soyeuse surgissant des rouges d'un signal et des noirs de la côte ou d'un quai pour la lumière du nord 

 

 

et l' éclat brutal de la lumière de Sicile ou du midi qui casse les jaunes et les bleus en contrastes tragiques.

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Souvent il impose, par le biais d'une route, une ligne de fuite qui concentre le regard en un point du tableau où se cloture ou bien s'ouvre un espace presque métaphysique.

 

 

On sent chez lui une nécessite une exigence de faire surgir la vérité d'une émotion:" Toute ma vie j'ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m'aider à vivre, me libérer de toutes les impressions, toutes les sensations, toutes les inquiétudes auxquelles je n'ai jamais trouvé d'autres issues que la peinture."

Nicolas de Staël - Musée d’art moderne André Malraux

 

et cette émotion, ces impressions, nous les partageons vraiment, en contemplant ses toiles.

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Même le paysage en sortant du musée était un hommage à la peinture de Nicolas de Staël

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"Le champ de tous est celui de chacun, trop pauvre, momentanément abandonné.
Nicolas de Staël nous met en chemise et au vent la pierre fracassée.
Dans l'aven des couleurs, il la trempe, il la baigne, il l'agite, il la fronce.
Les toiliers de l'espace lui offrent un orchestre.
Ô toile de rocher, qui frémis, montrée nue sur la corde d'amour !
En secret un grand peintre va te vêtir, pour tous les yeux, du désir le plus entier et le moins exigeant."

René Char

 

#je dis

 

 

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06.07.14

Ce qu'il faut absolument faire cet été pour revenir un peu différente.....

 

 

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Tirer une couverture et s'allonger dans l'herbe, un jour où le ciel est clair, se perdre dans les étoiles, se sentir tout petit, presque rien, penser qu'on a pas tellement d'importance et se demander s'il existe vraiment un but à tout cela …..

Se baigner, la nuit, dans l'eau noire, affronter sa peur des profondeurs, de ce qui peut surgir, de ce qui peut nous frôler, regarder le reflet des lumières dans l'eau, les phares qui clignotent, ne penser qu'aux scintillements ....

Se baigner quand il pleut, se sentir dehors et dedans, eau douce, eau salée, écouter le clapotement et se laisser bercer comme un petit enfant

Prendre un « bain de bois » comme disent les japonais, se promener dans une forêt un jour où il ne fait pas beau, s'immerger profondément se perdre ou faire semblant, respirer l'odeur de terre humide, respirer l'odeur des feuilles en décomposition et s'impregner

Aller prendre un café sur la place, s'assoir bien au fond du siège et regarder le ballet de la vie ordinaire et se dire si je ne bouge pas, j'échappe à la vie ordinaire.

Assis dans un transat, fermer les yeux, écouter l'enfant qui pleure en nous, pour une fois, prendre le temps de le consoler.

Glisser sa main dans une autre main sentir sa chaleur , la qualité de sa peau, la forme de ses doigt, deviner le squelette et se répéter personne ne m'appartient et cette main quittera la mienne

Fixer un oiseau, un nuage grimper sur son dos, regarder la mer, les dunes, le paysage défiler et savoir qu'on peut toujours partir malgré tout

Essayer de voir le rayon vert essayer tous soirs et recommencer sans se décourager

Lire Claudel avec application, se répéter les phrases tout haut, les chanter et penser:"Whaouh,  c'est beau!"

Se plier au vent ne pas résister se faire malmener et battre, se faire gifler et se dire: " je l'ai bien mérité."

Oublier ses enfants, les libérer de votre regard, qu'ils aient plaisir à venir s'y réfugier, s'ignorer et se retrouver

 

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26.06.14

soirée pyjama !

Soirée pyjama chez Léontine

Samedi soir c'est soirée pyjama à la maison. Ma "grande" de 5 ans 1/2 a invité 5 copines pour la soirée, la nuit et le matin.

Je sèche un peu sur les activités et jeux à proposer.

Vous avez des idées ?

{au fait, l'illustration vient du livre de Yeong-Hee Lim et joliement illustré par Amélie Graux }

 

#jeu10

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