La semaine des 4 jeudis

18.04.15

Plongée dans le noir....

 

Il semble qu'il existe une nouvelle "mode" dans le roman policier, ce n'est pas seulement l'intrigue qui suscite vraiment l'intérêt du livre mais le récit de la confrontation d'une petite société traditionnelle face aux enjeux économiques ou culturels de la globalisation.

Ce sont des romans qui nous font vraiment voyager dans tous les sens du terme et dont l'écriture par ses descriptions de la nature, des paysages et du climat (Ne comptez pas sur eux pour vous réchauffer!) est très évocatrice.

Je vous avais déjà conseillé "Yeruldelgger" de Ian Manook, hé bien, son deuxième livre est aussi réussi.

Malgré des personnages principaux un peu stéréotypés, l'intrigue est passionnante et nous donne une vision à la fois terrible et attachante de la Mongolie

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 Les deux romans d'Olivier Truc sont également très intéressants. Nous sommes en Laponie, pays divisé entre la Norvège, la suède, la Finlande et la Russie, mais habité par un même peuple, les samis. C'est une région où perdurent de fortes spécificités culturelles et une économie en plein essor grâce à ses métaux et son pétrole. Olivier Truc avec une objectivité surprenante va construire son récit sur ces spécificités.

Des enquètes sont menées par la police des rennes, qui régule les conflits entre les éleveurs de rennes et sert de médiateur entre cette activité traditionnelle et les nouvelles économies régionales, les mines dans "Le dernier lapon" et l'industrie pétrolière dans "Le détroit du loup"

Les personnages principaux, ici, ne sont pas vraiment stéréotypés, les personnages secondaires, très réalistes et, le récit prend souvent ses sources dans l'histoire et l'ethnologie tout en restant absolument impossible à lâcher.

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 Enfin, j'ai découvert avec plaisir Peter May et sa trilogie de Lewis, île la plus septentrionale des îles Hébrides. J'ai lu le premier tome "L'île des chasseurs d'oiseaux" qui m'a emballée.

A mon avis, ce polar est une vraie réussite. Son intrigue plonge autant dans l'histoire personnelle de l'inspecteur Fin Macleod que dans l'histoire de cette île désolée, aux abruptes falaises où se reproduisent des oiseaux nicheurs dont les petits sont un mets de choix, une île couverte de landes et de tourbe où se pratique encore le "sabbat chrétien" et se parle le gaélique. Magnifique roman d'atmosphère où chaque personnage a une réelle épaisseur, c'est un récit plus introspectif que ceux de Manook et Truc (encore qu'on pourrait y trouver des passerelles avec "Le détroit du loup") mais franchement aussi/plus passionnant.

 

#je dis


03.04.15

L'art de la fugue

 

 

 

Puisque je dis nous parle d'amours au pluriel, j'ai vu un joli film où, là aussi, l'amour, quelqu'il soit n'est jamais facile à reconnaître, ni facile à vivre ou à oublier.

L'art de la fugue comme en musique, est conçu comme une variation à plusieurs voix sur un thème. Ici, on a une famille où chacun fait comme il peut pour tenter d'être heureux et d'aimer. Ce n'est pas le film du siècle mais il laisse une impression de sincérité qui nous touche vraiment. Les acteurs sont excellents et le scénario très bien écrit mais, surtout, il est librement adapté de "L'art de la fugue" de Stephen Mc Cauley.

Stephen Mc Cauley comme Laurie Colwin ou Nick Hornby  font partie de ces auteurs qui écrivent avec grâce et légèreté.  Leurs personnages ont des existences ordinaires qui ne sont pas traversées par de grands drames, ils pourraient être heureux si.....si leurs petits grains de folie, leurs sentiments de n'être jamais à la bonne place, leur mélancolie ou leur humour ne le leur interdisaient. Alors, nous lisons leurs romans comme si nous étions leurs personnages, avec un sentiment de proximité qui nous les rend infiniment séduisants. Nous aussi, nous pourrions être heureux si......

Lisez s'ils vous ont échappé:

De Stephen McCauley

L'art de la fugue

L'objet de mon affection

La vérité ou presque

De Laurie Colwin

Comment se dire adieu

Famille tracas et compagnie

Une épouse presque parfaite

Accidents

Une vie merveilleuse

de Nick Hornby

A propos d'un gamin

Haute fidélité

Juliet, naked

De Angela Huth

L'invitation à la vie conjugale

 

 

 

#jeudi

02.04.15

Amours....

 

 

Il s'agit bien d'amours au pluriel dont nous parle ce très beau livre de Léonor de Récondo, d'amours emmêlées dans une petite ville étriquée de province au début du XXème.

Victoire de Champfleury a épousé Anselme de Boisvaillant, veuf et  notaire,  après une petite annonce parue dans le chasseur français. On espère un héritier qui tarde à venir. En attendant, Anselme couche avec Céleste, la petite bonne ....

Le livre est court et va à l'essentiel, le style est direct, limpide, concis, mais, chaque mot semble pesé pour induire une charge symbolique qui lui donne une sorte de poésie singulière. En peu de phrases, l'auteur fait naître un monde un peu triste où ni les corps ni les coeurs n'exultent, où les personnages se sont construits sans l'amour véritable d'un père ou d'une mère, déterminés par leur rôle social avant qu'ils ne soient bouleversés par l'arrivée de l' enfant de Céleste et d'Anselme.

On devine que tous les éléments mis en place dans le récit vont prendre un sens plus profond, à commencer par les noms ( de Boisvaillant, Victoire, Céleste) et... la lettre, la musique, le corset,  l'achat d'une robe de Poiret.

Le roman est dense, il résonne. Ce récit initiatique d'un éveil de la chair montre aussi bien l'expérience ambiguë de la maternité que la jouissance amoureuse ou l'extase mystique. Mais la chair, ici, est aussi le chemin de la découverte de soi, de la confrontation du désir et révèle l'imposture d'une société bourgeoise étouffante où, finalement, chacun reste à sa place. La grande force de l'auteur par la manière et les réflexions soulevées c'est de faire d'un roman dont les situations sont datées, un roman extrêmement contemporain

En lisant ce livre qui est un vrai coup de coeur, j' y ai retrouvé quelque chose de "Soie" de Baricco ou de "Tous les matins du monde" de Quignard, c'est dire......

 

#je dis

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31.03.15

Du rêve.....à la réalité

 

 

 

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Mon rêve.... tricoter ce pull mais par flemme et par impatience, j'y ai renoncé.

J'ai tricoté ce qui était à ma portée....

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Un pull en forme de trapèze, en Holst Garn nougat tricoté en double, aig n°5 sans cotes, avec des jours et un col en V très plongeant.

Il est extrêmement seyant (j'ai l'impression de parler comme ma grand mère) et très féminin.

Vous allez me dire: "puisqu'il est aussi seyant pourquoi ne l'as tu pas enfilé pour nous montrer?"

Hé bien, aujourd'hui j'ai un bouton sur le nez et le cheveu gras.

Ce matin, comme je me plaignais de ne pas avoir eu le temps de me laver les cheveux à cause de cette fichue heure d'été qui ne vous donne pas du tout envie de vous lever (ni de vous coucher d'ailleurs!), on m'a dit: " Tu ressembles au professeur Rogue dans Harry Potter!" 

Alors!!!!!!

 

#je dis

 

 

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26.03.15

La fantasmagorie de Nathalie Lété et de Lydie Arickx à la Piscine de Roubaix

 

 

Nous connaissions la dessinatrice, nous avons découvert la céramiste.

Ce n'est pas tant un talent précis que nous aimons chez elle mais son univers qui sous une apparence lisse et enfantine laisse deviner une inquiétante étrangeté. C'est autour des contes et surtout du conte du petit chaperon rouge qu'est construite cette exposition dont la scénographie est soignée et précise. Première injonction, ouvrir grand les yeux non seulement sur ce que l'on voit mais aussi, tourner son regard vers l'intérieur de notre fantasmagorie commune, la pénombre des bois, la clairière, le jardin enchanté, la cabane de grand mère, le fond des océans et les ombres qui y passent, un petit chaperon rouge inquiétant, le lapin d'Alice et ce loup dont le sort, ici, comme dans la cruauté du conte, n'est guère enviable.

Nathalie lété s'approprie avec une parfaite maîtrise le dessin et la peinture mais aussi de multiples techniques relevant des arts décoratifs, céramique où elle excelle, travail du tissu, de la laine, du papier ou du bois. C'est ce qui rend son oeuvre si personnelle et intéressante. 

Cette expo nous convie donc à une promenade dans l'univers singulier et poétique d'une créatrice qui, il me semble, emprunte les codes de l'enfance (animaux, couleurs vives, simplification etc...) pour parler de son ambiguïté et de sa permanence rétinienne dans notre psychisme et dans l'art en général.

Place à l'imaginaire......

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Dans la forêt, la nuit

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Près de la cabane de la grand mère, un bonhomme de neige

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un hibou à la fenêtre, est il dedans, est il dehors?

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Dans la chambre du petit chaperon rouge, ses vêtements dans la penderie

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et son inquiétant portrait

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Dans le jardin enchanté, le lapin d'Alice

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Mais

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Le chasseur, la grand mère ou....le petit chaperon rouge

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Quelque soit le meurtrier, on sait où et comment le loup finira

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En côtelettes, en rôti, en saucisse et en boudin

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Une autre artiste dont on rencontre une gigantesque araignée sur la pelouse de l'entrée qui fait écho à celle de Louise Bourgeois nous est présenté dans les cabines de douches le long du bassin, Lydie Arickx. Peintre et sculpteur, elle nous montre mers et ciels à la gouache mais aussi des paysages de métal, des êtres pris dans une gangue de béton et des utérus de verre. Elle décline le thème des cinq éléments dans les cinq cabines consacrées à ses créations, la terre, l'eau, le feu, l'air et la chair. Chez elle il y a toujours l'expression d'une métamorphose, d'un lien profond entre l'être et les éléments. Comme Nathalie Lété, elle explore à la fois de multiples techniques et un univers où l'art s'aventure peu, l'anatomie, non pas la forme du corps mais le dedans, le mystérieux, le charnel, notamment, ici, le développement embryonnaire.

C'est d'une grande force expressive, c'est magnifique. Je n'ai vraiment pas perdu mon temps cet après midi là.

 

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#je dis



16.03.15

Lundi, c'est piscine

 

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Tout à la fin, je respire à fond et je bascule.

Créature élémentaire, protozoaire, anémone de mer, je flotte entre deux eaux, déployée, calme.

Quand l’air vient à manquer, mes poumons sont plats comme des feuilles, une brulure irradie dans ma cage thoracique, je ne sais plus vraiment où je suis, des reflets et des irisations me rendent incapable de savoir où est le fond, où est la surface.

Au point extrême, pas d’angoisse juste une impression confuse que des branchies se creusent sur mon cou et me donnent une nature de poisson. Si le corps n’avait un ultime sursaut, un ultime instinct de s’accrocher à sa vie terrestre, je serais une limande grise, une sardine brillante ou une sirène.

 

 

Un clin d'oeil aux pensées aquatiques de Marie

 

#je dis

 

 

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08.03.15

Pour l'amour du bois...

Papy, enfin le grand père de mes filles, habite une vieille grange restaurée, nichée dans le montagne. La vue est à couper le souffle, on surplombe le lac de Serre Ponson d'un coté et de l'autre les aiguilles de Chabrières et les sommets du massif des écrins. La montagne est son jardin, ses animaux de compagnie les vaches, les marmottes et la meute de loup qui rôde non loin.

Ce petit paradis est malheureusement un peu loin de notre Picardie, on descend généralement une fois l'an.

Alors, une fois l'an on fait le tour de la maison et l'on vient saluer les nouveaux  compagnons que Papy a sculpté pendant l'année.

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#jeu10

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22.02.15

"American sniper" de Clint Eastwood

 

 

 

Mais qu'est ce que je suis allée faire dans cette galère?

Le film est inspiré des mémoires du plus grand sniper américain, champion de tir sur cible humaine de préférence irakienne.

Le film débute très bien, le père du héros, un redneck du Texas, lui apprend que l'humanité se divise en trois partie, les agneaux, les loups et les chiens de berger.

Une division aussi arbitraire peut laisser deviner une dénonciation d'un système de valeur aussi caricatural qu'americain, d'autant que son entraînement dans les troupes d'élite, les "SEAL" montre la brutalité absurde de la hiérarchie militaire. Mais si Clint Eastwood entretient une légère ambiguïté sur sa position, elle est vite gommée par une sur-virilisation des personnages, une fascination pour les armes, une schématisation simpliste de la narration et une pauvreté de la réflexion.

C'est l'amérique telle qu'on la déteste.

Si Kile est motivé par l'effondrement des tours, jamais le cinéaste ne remet cette guerre dans son contexte, les mensonges, l'opportunisme de Bush et la complexité du moyen orient. Eastwood se contente de la réduire en un affrontement manichéen entre le gentil Kile et le méchant Mustapha. Le gentil Kile qui abat un enfant mais reste un excellent père, le gentil Kile qui ne se trompe jamais de cible, soutient ses copains et résiste à sa femme éplorée et morveuse qui veut le retenir parce qu'il doit sauver l'amérique, sa "Patrie" contre le méchant Mustapha qui couvre un boucher qui torture et décapite, qui soutient son peuple soumis sacrifiant ses enfants et ses femmes dans des attentats.

Ok, les faits sont en partie réels mais les traiter en les simplifiant par la caricature me semble malhonnête.

Certains disent qu'ils faut prendre le film au second degré, y voir une dénonciation. Mais je crains que, si un stand de l'armée se trouvait à la sortie de ma salle de cinéma, tous les jeunes entre 15 et 30 ans (nombreux, évidemment!!) auraient signé un engagement.

Le second degré ne fait qu'embrouiller le message quand il n'est pas vraiment perceptible ou qu'on s'adresse à des gens incapables de décrypter les images, de le percevoir et cette soi-disant critique est masquée par le recours à une démonstration primaire de la violence et le mythe d'un héros/ sauveur sous fond de rafales d'armes automatiques.

Pour moi, Clint Eastwood a laissé le pire s'exprimer, un fond cynique, réactionnaire, individualiste.

Quant à son cinéma, rien à dire.... Un des derniers grands cinéastes classiques.

#je dis

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20.02.15

Un petit café?

 

Je voulais pour mon couloir des appliques un peu poétiques, dans l'univers d"Alice au pays des merveilles". J'ai donc chiné sur les brocantes une cafetière et une bouilloire en alu pour tenter de les transformer en lampes.

Je dis m'en avait déjà offert une faite à partir d'une petite théière, j'ai donc copié sans vergogne.

J'ai percé bien au milieu la cafetière et bouilloire pour y passer une tige filetée creuse, qu'on trouve dans les magasins de bricolage, j'ai percé aussi une équerre en bois et j'ai boulonné la tige à chaque extrémité, coté couvercle, coté équerre, pour qu'elle solidarise le tout.

J'ai caché ce qui était visible de la tige par un tube en métal que j'ai peint en noir. J'ai vissé une douille et passé un joli fil dans cette tige.(Je vous épargne le montage de la douille n'imaginant pas que vous puissiez être des quiches au point d'ignorer les bases....)

Je suis très contente du résultat, d'autant qu'il est bien loin le temps où l'on m'accusait d'avoir deux mains gauches sous prétexte qu'on ne pouvait pas avoir un physique de rêve, parler couramment le latin et le grec ancien, avoir manqué de peu un podium aux jeux olympiques et être une bricoleuse de génie!

Mon seul regret c'est de ne pas avoir peint en noir l'équerre, je vais donc la démonter quand je retirerai mon ennemi personnel.... l'affreuse toile de verre (ricanement diabolique genre, niark, niark, niark)!!!

 

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#jedi

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19.02.15

6 ans !

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6 ans aujourd'hui.

2 yeux rêveurs.

1 bouche rieuse.

2 dents en moins.

36 56 doudous.

1 pouce.

1 cousine adorée.

1 copine préférée.

1 soeur à asticoter.

 

 

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