La semaine des 4 jeudis

06.07.15

{this moment}

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09.06.15

Une vieille amitié

 

Elle dira plus tard qu’elle ne sait pas pourquoi elle a fait cela. Elle dira que ce n’était pas prémédité mais qu’elle avait rêvé de moi la nuit précédente, qu'elle se sentait seule avec des souvenirs qu'on ne peut partager et qu'elle n'a jamais regretté ce jour où elle a remué ciel et terre pour me retrouver.

Elle m'a appelée, c'était fin avril, je me souviens, je regardais par la fenêtre, le cerisier était en fleurs, j'ai tout de suite reconnu son grain de voix un peu snob même si cela faisait 15 ans que je ne l'avais pas entendu. Je suis devenue muette de surprise, tant de souvenirs me revenaient par le fil de cette voix. C'était mon alter ego, celle qui m'a accompagnée presque sans interruption du CM1 à la terminale, celle qui partageait ma table et mes stylos sepia qui sentaient le caramel et faisaient enrager les profs, au collège et au lycée . . Nous avons d'abord échangé nos haribos dans la cour de récré puis discuté paresseusement des garçons de la classe en décollant les carambars de nos appareils dentaires, nous avons imaginé des excuses pour sécher la piscine afin d'éviter d 'être vues en maillot de bain par François Gadenne, nous avons piqué des fous rires pour rien et surtout quand il ne le fallait pas. Puis, de classes en classes, nous avons parlé avec intensité et trop de sérieux de ce qui traversait notre quotidien, les amis, la musique, la peinture, la philo, mais plus encore de cette envie qu'on avait de faire quelque chose de bien de notre vie. Nous avons porté les mêmes baskets, les mêmes bonnets, les mêmes duffle-coats. Elle sortait du lycée avec sa guitare pour aller au conservatoire, place du concert et je filais aux beaux arts, à l'annexe de Wazemmes où, le modèle qu'on dessinait, portait un tatouage dans le dos "Mort aux lois, vive l'anarchie". Souvent, nous nous retrouvions, rue de la monnaie, pour faire nos dissertations dans ce café où la patronne nous appelait "les p'tites". "Et qu'est ce qu'elles veulent aujourd'hui "les p'tites"? Un biberon de lait?".

Puis, d'indifférences, en désaccords et en chamailleries, nous nous sommes peu à peu perdues de vue. Les années ont gommé l'enfance, l'adolescence, les prénoms, les ratures, les refrains, les coeurs sur nos agendas et une amitié qui avait jusqu'alors tellement compté.

Quand nous nous sommes retrouvées, elle quittait son compagnon et pourtant j'ai toujours cru qu'elle aimait les filles. "Mais non tu es bête, je t'aimais toi!" .Elle ne voulait pas d'enfants, elle en a 2, j'en voulais 5, j'en ai 4. Nos vies se sont déroulées en parallèle, reliées, soit, par un fil invisible comme nous aimons le croire, plus certainement, par ce déterminisme social et culturel auquel personne n'échappe. Nous cherchons les clins d'oeil du destin, nos fils qui portent le même prénom, l'expo Rotko où nous aurions pu nous croiser, les chats dans nos maison.... Nous vivons toujours avec des valeurs communes, même un peu émoussées par le temps, le parcours et les circonstances. Elle est devenu bouddhiste et il m'arrive encore d'aller à la messe tant j'aime les églises.

Quelque chose en elle m'appartient, quelque chose en moi lui appartient, quelque chose de notre âme d'adolescente , de notre âme de jeune fille. Elle me connaît d'en dehors, elle me connaît d'hier, d'un temps qui ne dépendait que de nous, d'un temps sans compromis, d'un temps qui a vraiment fait de nous ce que nous sommes

Maintenant elle est toujours là, jamais très loin. Nous ne parlons presque pas de nos enfants, ni de notre vie quotidienne « officielle » seulement de ce que nous sommes au fond vraiment, de ce qui constitue notre noyau dur, de ce que nous étions déjà à 15 ans et cela fait du bien. Ensemble, nous sommes nues .  Nous étudions le chemin parcouru, les lâchetés, les mensonges, les combats, les idéaux perdus et les illusions qui restent et qui aident à vivre . Elle peut m'écrire parfois des choses comme :  " Ce matin, le ciel déborde sur mes cils, je bats des paupières, je secoue mes oreillers de brume et la nuit s'en va ". Elle peut me dire en riant: " Te comprendre c'est poursuivre le vent" . Elle rit de la même façon qu'en  2nde dans le cours de Mme Nictou, c'est fou comme elle n'a pas changé. Elle me chante au téléphone des chansons de Nirvana. Je lui envoie des histoires dont elle est l'héroïne. Nous rêvons ensemble. Pourtant nous ne nous ressemblons pas du tout, elle est solaire, grave, lente et sans concessions. Je suis légère, dispersée, mélancolique et gaie. Elle semble forte, elle est fragile toujours prête à tomber. Je fais de l'équilibre sur un fil mais mon fil est solide.

D'une certaine façon, elle a changé ma vie.

Elle ne lira pas ces lignes. Dans son atelier de céramiste, dans la forêt, elle ne capte rien et de toute façon, les écrans ce n'est pas trop ce qu'elle aime  alors je vais lui recopier à la main de mon écriture illisible ces quelques mots juste pour lui dire merci d'être là.

C'est précieux l'amitié

 

 

 

#je dis

 

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29.05.15

Bonne pioche....

 

 

 

Les livres prennent soin de nous. Pour une bibliothérapie créative

Tout lecteur s'est, un jour, rendu compte qu'un livre a pris soin de lui. C'est ce qu'on appelle la bibliothérapie. Régine Detembel explore cette relation complexe et infiniment riche entre le lecteur et le livre. Non que celui ci soit toujours une réponse directe à un questionnement ou à un mal de vivre, mais il augmente notre réalité par l' intime connaissance du monde et de l'humain auquel il nous donne accès. Même le rythme de la phrase, la forme d'un poème ou le nombre de pieds dans un vers résonne et respire en nous de façon charnelle.

C'est un petit essai clair, réjouissant, passionnant et indispensable.

 

Plus léger, plus drôle et plus anecdotique que le précédent, mais, dans le même esprit,  Stephanie Janicot a une réponse romanesque à "Ma famille m'étouffe", "Je suis une mauvaise mère", "je suis trop belle" ou "Je suis hypocondriaque"

 

Un jour, on pourra peut être prescrire de la fluoxetine, une psychothérapie et "Le festin de Babette de Karen Blixen"

 

 

Belle fresque romanesque qui s'étend sur plus de 40 ans et qui suit l'évolution de 6 ados, liés par l'amitié et la connivence, des années 70 à aujourd'hui. Ils se sont rencontrés dans un camp de vacances et se sont baptisés "Les intéressants", le sont ils vraiment, le resteront ils?

En tout cas, Meg Wolitzer, dans ce roman, qui nous montre combien il est difficile de grandir et d'accorder du prix à sa vie, réussit à englober au travers de trajectoires particulières, le climat et les problèmes d'une société. Il n'y a que les américains pour s'attaquer à de tels sujets. On ne peut s'empêcher de penser à Franzen, Glass, Messud, Sullivan ou McInernay.

 

 

Il y a du Balzac ou du Trollope dans ce gros roman qui est à la fois un exercice extrémement "stylisé" par sa forme, sa structure et sa narration mais aussi un roman à énigmes et un récit historique bien documenté. Nous sommes en Nouvelle Zélande en 1866 dans la boue et la recherche des pépites d'or. Une petite société fermée va tenter de comprendre certains mystères auxquels elle est confrontée.

Eleanor Catton a beaucoup d'ambition littéraire et elle nous prouve, malgré son âge, qu'elle peut tenir parfaitement son sujet en l'élargissant. Il faut un peu "s'accrocher" au début mais l'objet littéraire est fascinant.

 

 

Je n'avais jamais lu ce roman devenu "culte" parait il....Hé bien je ne regrette pas d'avoir sauté le pas.

Jedi et moi l'avons lu en même temps. Jedi a eu un peu de mal à entrer dans l'histoire et a retrouvé, dit elle, les situations un peu classiques du roman pour adolescents, moi j'ai été tout de suite conquise. Elle a préféré le second tome "Hollow city", plus vertigineux et plus riche en actions et rebondissements

Jacob, pendant toute son enfance a écouté les histoires de son grand père qui a fui les nazis et a été caché sur une île, dans une sorte d'orphelinat pour enfants aux pouvoirs étranges, dirigé une certaine Miss Peregrine Faucon. Le grand père meurt. Jacob, ayant grandi, ne croyait plus à ses contes. Et pourtant....

Un des charmes de ce roman de "fantasy" réside dans le soin de la mise en page mais aussi, des illustrations. Ransom Riggs a utilisé de vieilles photos provenant de collections particulières qui sont censées montrer les personnages du livre et leurs "talents" , léviter, être  invisible, être d'une force herculéenne etc....

Pour moi, c'est un très bon roman  avec une atmosphère à laquelle j'ai été très sensible (bientôt adapté au cinéma par Tim Burton dont l'univers est effectivement très proche) et, qui propose, en plus, une métaphore de la tolérance, ce qui ne gâte rien.

 

 

#je dis

 

 

 

 

 

 

19.05.15

Hé oui, elle nous l'a fait son cirque!

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On était tous là,  en rang d'oignons, avec le trac.... la foule la lumière, la scène. Et si rien ne fonctionnait et si elle ratait ses enchaînements?

Maman était toute blanche, on voyait bien qu'elle se disait:"Oh, non, je ne l'ai pas mise au monde pour qu'elle finisse par se fracasser la tête par terre et demeure paralysée à jamais. Moi, je l'ai inscrite à la piscine, rien qu'à la piscine et au piano.... je n'ai jamais été d'accord avec l'unss gymnastique.... et ce grand  qui la porte, il ne me semble pas très épais, pourquoi n'en ont ils pas choisi un plus petit et plus large?....et son poignet et sa cheville... elle est fragile des chevilles...." On la sentait prête à se précipiter sur scène pour la rattraper.

Et puis non, jeu 10 a été aérienne, gracieuse et ovationnée. Surprenant, d'autant que dans la vie réelle, elle est plutôt dresseuse de fauves.

 

*Merci Emilie pour les 2 dernières photos

 

 

 

 #jeudi

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17.05.15

la gourmandise du dimanche #8

Macarons au cassis

Pour son anniversaire, il y a quelques semaines, Jedi a eu la chance de recevoir LE Faucon Millenium des pâtissiers (ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!! ):

 

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Avec ça, plus aucune mauvaise excuse pour louper un gâteau ou ne pas se lancer dans la confection de macarons, recette qui me paraîssait être un Everst pâtissier (sens de la mesure...)

J'ai potassé les conseils sur les blogs, regardé un tas de vidéos sur le macaronnage et finalement mes premiers essais se sont révélés concluants.  Je ne peux que conseiller aux débutants d'aller consulter mon blog bible (alias C'est ma fournée) pour obtenir des consignes très précises sur la confection des coques.

 

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Pour environ 30 macarons:

 

- 50 +50 gr de blancs d'oeufs (c'est environ 3 oeufs) vieillis (blancs et jaunes séparés depuis au moins 24h) et ramenés à température ambiante avant utilisation.

- 134 gr de poudre d'amandes bien fine

- 134 gr de sucre glace

- 134 gr de sucre en poudre

- 32 gr d'eau

 

Mélanger la poudre d'amandes et le sucre glace en tamisant éventuellement le mélange. Ajouter le colorant et 50 gr de blanc d'oeuf pour obtenir une pâte.

Dans une casserole, mettez l'eau à bouillir avec le sucre en poudre. Quand le mélange atteint 100°, commencez à battre les 50 gr de blancs d'oeufs restant. Lorsque le sirop atteint 118° versez-le sur les blancs d'oeufs montés en réduisant la vitesse du batteur et en prenant garde à éviter les fouets. Il faut maintenant battre le mélange jusqu'à refroidissement de la cuve, ce qui peut être long (et c'est là qu'on apprécie d'avoir un robot qui bosse tout seul!).
Ajouter une partie de cette meringue à la pâte d'amandes pour détendre le mélange puis mélangez le tout en macaronnant (un grand terme pour finalement un geste pas si technique que ça!).

Quand le mélange est bien homogène et fait un ruban c'est prêt! Garnissez-en une poche munie d'une douille n°8 ou 10 et dressez vos coques sur une plaque à tempéraure ambiante et recouverte d'un papier sulfurisé. Enfournez pour 14 à 15 minutes dans un four préchauffé à 145 degrès. (la cuisson est variable selon les fours, chacun la sienne!) Si vous avez bien travaillé, la fameuse colerette se forme après 6 minutes de cuisson environ. Il est important que la plaque sur laquelle vous dressez vos coques ne soit pas chaude: si vous avez plusieurs fournées à cuire il vous faudra deux plaques donc ou attendre que la plaque ait refroidi.
Quand les coques sont cuites, retirez la plaque du four et retirez la feuille de papier sulfurisé de la plaque. Laissez refroidir 5 minutes avant de détacher vos coques. Creusez l'intérieur en appuyant légèrement avec votre pouce pour laisser plus de place à la garniture de vos macarons.

 

Pour la ganache au cassis

(il m'en est resté environ 1/3 mais c'est très bon dans un yaourt nature!)

-180 gr de chocolat blanc. (En attendant de pouvoir tester la couverture Ivoire de chez Val***** j'ai utilisé le chocolat blanc pâtissier de Nes***)

-210 gr de coulis de cassis.

Faire fondre le chocolat blanc au bain marie. Y ajouter en plusieur fois le coulis de cassis préalablement chauffé. Mélanger à la maryse jusqu'à ce que le mélange soit lisse. Réserver dans une poche sans douille au frais pendant quelques heures avant de garnir généreusement vos macarons.

 

 

# Jedi

 

 

 

 

 

 

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15.05.15

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# Jedi

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12.05.15

A cup of tea?

Si vous êtes du genre à boire votre thé le petit doigt en l'air dans une tasse fleurie plutôt que dans un mug, tout en persiflant avec vos amies, si vous pensez que toutes vos tantes s'appellent Jane*, Elizabeth*, Barbara*, Agatha*, Vita* ou Nancy*, si vous employez encore des mots comme "naguère", "s'ébaudir" ou "fifrelin" ce livre a des chances de vous plaire.

Dans ce roman, il y a tout ce qu'on adore chez les romancières anglaises, une ironie constante envers les personnages,  les stratégies du mariage auxquelles sont condamnées les femmes,  les bals, les robes et les garden parties, l'opposition des classes sociales, une bonne tasse de thé et le gazon.... le fameux gazon anglais!

Viola, jeune veuve, va retourner vivre chez ses beaux parents et ses belles soeurs qui sont loin d'être des boute en train. Son arrivée va perturber l'ordre immuable de la famille et, "Oh, my god!", les codes vont être bouleversés......

 " Aux Aigles, la famille s'était rassemblée au salon en cette heure morne où le thé est passé depuis longtemps sans que le dîner soit encore en vue. C'était une scène tranquille, qui aurait irrité un communiste. Cinq membres improductifs de la bourgeoisie étaient assis dans une pièce immense, où ils respiraient davantage d'air, se chauffaient à plus de feu et tiraient plus de plaisir et d'agrément des tableaux et des meubles qu'il n'était strictement nécessaire. Au sous-sol, dans la cuisine, trois membres de la classe laborieuse trimaient ignoblement pour leur préparer leur dîner, acheté avec les revenus d'un capital."

 

 Absolument délicieux

 

*Austen, Gaskell, Von Arnim, Pym, Christie, Sackville West et Mitford

 

 

 #jedi

 

11.05.15

Mme jeu 10 fait son cirque.....

 

 

Si vous voulez voir Mme jeu 10 faire son cirque, ne manquez pas......

 

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10.05.15

Eternels moments.....

 

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Difficile de rentrer....

 

#les jeudis

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01.05.15

le tableau est un espace à émouvoir....

 

 

 

Musée D'Orsay: Pierre Bonnard, peindre l'Arcadie

 

 

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C'est la lumière des tableaux dans cet espace sombre qui séduit, les couleurs vibrantes de l'été, les jaunes dorés, les rouges, les orangés,  les bleus turquoise, les violets.

 

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Nous sommes comme un dimanche matin, avec la lumière qui transfigure la maison et les scènes intimes. Les corps parfaits d'un érotisme tranquille et familier sont surpris à la toilette, souvent par le biais d'un miroir qui fétichise le corps

 

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 à table ou alanguis pendant la sieste.

 

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"Tout a son moment de beauté" disait Pierre Bonnard. Il n'y a pas de mystère, le bonheur est au coeur du quotidien et de l'intime. Et pourtant on sent bien "qu'il ne s'agit pas" pour lui "de peindre la vie mais de rendre vivante la peinture",  de saisir l'instant et, l'émotion de l'instant.  Ce n'est donc pas vraiment le sujet qu'il peint mais l'essence du sujet, une sorte de sublimation idéale. Sa peinture est hors école et empreinte le traitement de la lumière aux impressionnistes, la violence de la couleur au fauvisme et, aux Nabis, dont il fit partie, cette technique un peu "japonisante" et cette volonté d'être un passeur du sensible, de faire sens, en communion avec une forme de spiritualité.

 

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L'antiquité avait désigné une région idéale pour le bonheur champêtre, l'Arcadie, un lieu de l'âge d'or, de communion et de sérénité. C'est ce que nous transmet Bonnard, cependant, le terme même renvoie au célèbre tableau de Poussin: "Les bergers d'Arcadie" ou "Et in Arcadia ego" qui signifie que "Moi,( la mort), je suis (aussi) en Arcadie"

Alors on rebrousse chemin et les toiles ne sont plus si riantes. Par delà un hédonisme affiché, on remarque des compositions étranges où le personnage est tronqué

 

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ou à peine discernable car fondu dans un décor un peu écrasant.

 

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Le personnage n'est presque plus le sujet du tableau et quand il demeure, il semble "flotter" dans la toile. Il n'y a pas le garde fou du dessin et de la perspective qui rassure le regard sur ce qu'il voit, Bonnard "disperse ses plans comme pour reproduire tous les angles de la vision sur une même surface". La vivacité des couleurs contraste souvent avec l'ombre d'un visage comme pour souligner la part obscure et précaire de l'existence.

 

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Ses autoportraits dans leur manque de complaisance montrent également ses propres fêlures et l'irruption d'une violence sourde.

 

 

 

 

Je pensais ne pas trop apprécier Bonnard, je suis ressortie de cette magnifique expo vraiment touchée par sa peinture.

 

 

#je dis

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