La semaine des 4 jeudis

27.10.14

Magic Woody...

Magic In The Moonlight Emma Stone Colin Firth

 

Magic in the moon light

 

Alors, il est comment le dernier Woody Allen?

Magique, forcement magique.....

Nous sommes à Berlin où le grand Wei ling soo (Stanley Crawford dans le civil) fait disparaitre un éléphant. Nous allons rester sur scène tandis que Woody Allen déroule son intérêt pour la métaphysique. Oh, pas celle des philosophes malgré quelques références à Nietzsche, seulement celle qui nous tient, existe t'il un ailleurs que le réel et comment vivre avec cette incertitude.

Stanley Crawford, fervent rationaliste, misanthrope et peu aimable," aussi charmant que le typhus" est appelé dans le sud de la France pour dénoncer une jeune médium qui communique avec les esprits et monnaye ses dons divinatoires.

Nous sommes toujours sur scène. La Provence, la Côte d'Azur sont des paysages de cartes postales et les acteurs jouent à merveille leur partition. Nous ressentons cette artificialité mais nous nous y plongeons avec délices tant la photo et la lumière sont belles et les propos pétillants.

C'est un Woody Allen bavard, très bavard où se retrouvent les personnages et les situations qu'il affectionne, le misanthrope bougon, l'ingénue pas si ingénue, les mères extravagantes, la manipulation,  l'humour et les retournements de situation qui montreront que le plus pragmatique n'est pas toujours celui qu'on croie.  Le film est délicieux et le pessimisme de Woody Allen  qui prétend qu'il n'y a que la crédulité qui permette le bonheur, est tempéré par la simplicité de sa conclusion. La seule magie de nos existences, la seule façon de les enchanter, c'est l'amour.

J'ai beaucoup aimé ce film mais je suis une véritable inconditionnelle de l'univers de Woody Allen. Dans mon palmarès, Hannah et ses soeurs, La rose pourpre du Caire, Match point, Alice, Meurtre mystérieux à Manhattan, Crimes et délits, Midnight in Paris, Radiodays et le terrible Intérieurs.

 

 

NB En tous cas, c'est décidé j'arrête de tricoter et je ne m'habille plus qu' à la manière des personnages de Magic in the moon light

 

#je dis

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23.10.14

Haricot, tacot, abricot, gynécot, sciences écot, TRICOT

 

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vhr 

Holst garn super soft coloris topaz  4,5 pelotes, aig 3,5

 

 

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Holst garn samarkand coloris platinium et lapis 5 pelotes aig 3,5

 

 

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 Holst garn supersoft coloris truffle 6 pelotes fil double aig 4,5

 

 

 #je dis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17.10.14

Comment on s'enrhume....

"Comment on s'enrhume" de J. J. Sempé pour les laboratoires Lebrun en 1961

 

Toujours d'actualité!

#je dis

 

 

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15.10.14

lu et approuvé

 

 

 

 

 

 

 

Pas le chef d'oeuvre attendu mais un livre d'Emmanuel Carrère n'est jamais anodin. La réussite c'est d'avoir interrogé "ceux pour qui ça ne va pas comme ça, qui ne se sont jamais remis d'une espèce de stupeur qui leur interdit de vivre sans se demander pourquoi ils vivent, quel est le sens de tout cela s'il y en a un. L'existence pour eux est un point d'interrogation et même s'ils n'excluent pas qu'à cette interrogation il n'y ait pas de réponse, ils la cherchent, c'est plus fort qu'eux. Comme d'autres l'ont cherché avant eux, comme certains, même, prétendent l'avoir trouvée, ils s'interresse à leurs témoignages. Ils lisent Platon et les mystiques, ils deviennent ce qu'on appelle des esprits religieux." Cette enquête foisonnante et touffue est parfois difficile à suivre à cause d'un parti pris très subjectif. Il m'a fallu consulter mon nouveau testament bien des fois. Ce qui m'a un peu gênée, ce n'est pas, comme on lui a reproché ses tendances à l'auto fiction, ses allers-retours sur ses propres expériences, bien au contraire, mais c'est ce schéma, cette construction répétitive qu'il a tendance à appliquer à tous ses livres. C'est, à mon avis un grand auteur, mais il y a là un peu de facilité.

 

 

Bad Girl, Nancy Huston

Nancy Huston livre un récit autobiographique qui suit par paragraphes courts le cheminement des évènements de son histoire chaotique, évènements qui la mèneront à l'écriture. C'est un récit jamais complaisant d'un style magistral dans son épure et dans la distance qu'elle arrive à tenir avec son sujet. Très beau livre, très belle couverture....

 

 

Récit d'une manipulation sur le campus de Cambridge. Un étudiant charismatique et bien né, Eden Bellwether affirme qu'il peut soigner grâce à la musique. Face à lui  l'aide soignant fasciné mais septique d'une maison de retraite va tenter par amour pour Iris la soeur d'Eden de prouver son déséquilibre et la supercherie ....Un livre qu'on ne lâche pas malgré, parfois, la sensation que l'auteur aurait pu aller beaucoup plus loin, tant le sujet est passionnant.  Les couvertures des éditions Zulma sont un plaisir à elles seules!

 

Retour de Bridget, telle qu'en elle même, bien que veuve avec deux enfants! Helen Fielding ne se renouvelle pas, ce n'est qu'une déclinaison de ses deux autres livres mais je me suis laissée prendre, j'ai beaucoup ri, je suis bon public. Il faut dire que Bridget, c'est quand même notre soeur à toutes. Ne dépensez peut être pas 20 euros pour l'acheter, empruntez le.....

 

Enfin, je n'ai pas encore lu le dernier Modiano mais j'ai été touchée qu'il ait eu le Nobel, pour le "sfumato modianesque" et l'errance géographique et poétique dans les rues de Paris, bien sur, mais aussi pour l'extrême timidité et modestie du personnage qui me touchent.

Mais si vous n'avez lu ni "Rue des boutiques obscures" ni "Dora Bruder" ni "Remise de peine" ni "Dans le café de la jeunesse perdue" (pour moi, les meilleurs) Lisez ce livre dont personne n'a parlé et qui résume un peu l'art de Modiano, "Catherine Certitude" roman pour enfants illustré par Sempé. C'est un livre merveilleux où l'univers de Modiano répond à la délicatesse et à la poésie du dessin de Sempé.

 

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Et si vous ne croyez pas qu'en lisant un livre pour enfant, on peut saisir ce qu'est l'univers de Modiano, voici le dernier paragraphe:

"Hier dimanche, avec ma fille, j'ai rendu visite à mes parents, du côté de Greenwich Village. Ils se sont réunis une fois pour toutes, bien que maman ait souvent menacé de s'en aller, car elle était lasse "des combines de papa"_ comme elle le disait avec son accent américain. Mr Smith, le nouvel associé de papa, qui est aussi tatillon que l'était , Mr Casterade, partage entiérement l'avis de maman. Le taxi nous a déposées au pied du grand immeuble de brique où ils habitent. Là haut, à l'une des fenêtres de leur appartement, j'ai distingué la silhouette de papa. Il m'a semblé qu'il nouait sa cravate. Peut être disait-il: _A nous deux, madame la vie"

#je dis

 

13.10.14

le générateur d'ions négatifs....

 

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Mon grand père, qui avait fait l'ICAM, dessinait et concevait des machines pour sa propre usine. Papa, malgré des études de droit des plus ennuyeuses a toujours été un bricoleur de génie. Enfin de génie.... Où que l'on ait habité, il y a toujours eu une pièce spéciale que maman appelle "le boui-boui de Benoît" J'ai longtemps cru que ce mot rigolo était un mot qu'elle avait inventé juste pour papa. Ce boui-boui est une pièce très encombrée dont l'ordre anarchique n'est connu que de son seul occupant.

Papa a couvert son jardin d'éoliennes, démonté et remonté toutes les pendules, fabriqué des moteurs Stirling pour des usages divers mais son invention la plus étrange fut une machine à baigner la pièce, dans laquelle elle fonctionnait, d'ions négatifs. En effet, il y a quelques années, papa était persuadé du bienfait des ions négatifs sur la douceur du caractère et la vivacité de l'intelligence. Il branchait, donc, tous les soirs, alternativement, dans nos chambres, une espèce de boite qui sifflait un peu et répandait une odeur étrange. Papa disait:" Cela sent la forêt après un orage,  la tempête en mer" Nous n'avons jamais osé contester. 

Pendant la période du générateur d'ions négatifs, lui, qui d'habitude était indifférent à tout résultat scolaire, se penchait attentivement sur nos notes, nos disputes,  nos bêtises et attribuait le moindre de nos progrès au bienfait de sa machine. La veille des contrôles, nous étions prioritaires.

"Tu vois, ça marche!" disait il à maman qui levait les yeux au ciel.

Il y a quelques jours, j'étais prise dans un embouteillage colossal. Autour de ma voiture, il n'y avait que, visages furieux, coups de klaxon, gestes d'exaspération et moi, je fredonnais tranquillement sur les morceaux de mon lecteur cd en calculant le temps de mon retard et en organisant son impact. J'ai repensé, alors, à la machine de papa et me suis dis que je lui devais sans doute mon coté cool et qu'elle avait été super efficace....

 

#je dis

 

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10.10.14

tarte fine à la saveur d'été

Les légumes de mon jardin ont finalement apprécié ce bel été indien et la récolte m'a pas été si médiocre que ça.

Alors je vous livre ma recette facile, rapide et ô combien savoureuse !

 

- Préchauffez votre four à 230° /240°

- Commencez par étaler au rouleau le plus possible votre pâte feuilletée (du commerce, mais pur beurre !)

- Posez la sur une plaque allant au four et étalez sur l'ensemble de la pâte une fine couche de pesto (pour moi basilic-parmesan)

- Disposez ensuite de fines rondelles de légumes (pour moi aubergines et courgettes), quelques tomates cerise coupées en 2 et des rondelles de chorizo

- Parsemez de parmesan et d'herbes du jardin

- Diminuez la température du four à 220° et faites cuire 15 minutes.

 

Cette recette se décline à l'infini, on peut même remplacer la pâte par des feuilles de filo ou de brick, ou encore des galettes de blé.

Le seul impératif est de cuire la pâte comme une tarte flambée, préchauffage très chaud et cuisson chaude et rapide !

Bon appétit !

 

#jeu10

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09.10.14

Modiano


vincent delerm - Le baiser modiano

 

# Jedi

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30.09.14

Embarquées....

On habite un endroit qu'on a pas vraiment choisi, on le snobe un peu mais ce n'est qu'après plusieurs années qu'on en découvre l'intérét.

 

 

Pour nous les hortillons d'Amiens, c'était: "Oui c'est vrai, il faudrait qu'on pense à les visiter!" mais la balade était toujours remise à plus tard. "On est quand même pas des touristes, on a le temps!"

Cependant, avec ce dimanche ensoleillé, inespéré pour une fin septembre, nous avons sauté le pas. Dans le cadre d'Art, Ville et Paysage, des installations de paysagistes et d'artistes sont proposées aux promeneurs sur les îlots des marais que sont les hortillons, .

Nous avons, donc, emmené un pique nique et loué quelques barques pour découvrir l'étendue des hortillons amiénois.

 

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Ce sont des barques avec un petit moteur électrique, d'où notre déception car nous avions convié les plus gros biceps de nos connaissances pour ramer à notre place. Les gros biceps, possédant évidemment de petits cerveaux, ont passé leur temps à essayer de faire la course, de faire gîter la barque ou d'arroser les occupants. Conclusion, ils se sont révélés plus nuisibles qu'utiles, nous aurions du embarquer un poète fluet qui aurait déclamé des vers à la proue de l'embarquation.

Dépaysement total, nous sommes presqu'en ville mais en pleine nature, naviguant sur des petits rieux bordés de joncs et de saules pleureurs. De temps en temps, nous abordons une île confiée à un paysagiste et à un plasticien qui ont exploité un thème: "jardin des rives" "la terre est basse" "Le syndrome de la page blanche". Nous attachons, alors, notre barque et découvrons ce que les artistes ont imaginé....

 

 

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Jeudi nous a même raconté (après plusieurs verres de vin) qu'il existait une île secrète où les connaisseurs se retrouvaient pour faire des messes noires façon barbecues, les soirs de pleine lune.....Tels des pirates dans la mer des Caraïbes nous avons exploré le moindre recoin des hortillons sans la trouver, au désespoir des enfants qui rêvaient de leur île mystérieuse

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Franchement cette promenade nous aurions du la faire, il y a bien longtemps....

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23.09.14

C'est l'automne...

 

 

 

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.... jusque dans mes jardinières!

 

# Jedi

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22.09.14

métamorphoses, Christophe Honoré

METAMORPHOSES

J'ai guetté l'arrivée de ce film dans ma ville depuis le mercredi de sa sortie et j'ai bien failli le manquer puisqu'il est passé dans le plus petit des trois cinémas d'Amiens. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas.

 Comme il l'avait déjà fait avec Mme de la Fayette pour La Belle personne, Christophe Honoré adapte l'oeuvre d'Ovide de façon très personnelle et réussie.

 

 Toute la richesse du film tient dans son ambivalence entre naturalisme/réalisme et symbolisme, Christophe Honoré mêlant sans cesse le trivial au divin.

Ces métamorphoses (le titre d'Ovide perd son M majuscule, premier signe de l'incursion du trivial au sein de l'oeuvre) se déroulent dans le Sud de la France, en partie dans des cités populaires, vétustes, désoeuvrées. Les acteurs sont des amateurs, des jeunes qui ne jouent pas toujours forcément très juste, rapprochant ainsi parfois le film du documentaire.
Les corps sont filmés sans retenue ni complaisance (les boutons, les bourrelets, le grain de la peau, les corps vieillis de Philémon et Baucis...) avec une insistance qui évoque spontanément la statuaire grecque bien qu'on soit loin de ses canons et que ces corps n'aient rien de divin aux yeux des diktats plastiques de notre époque. Christophe Honoré n'utilise pas le moindre effet spécial pour ces métamorphoses, il a choisi de procéder par changement de plan, de lumière. Les dieux de l'Olympe sont des jeunes de cités, certes un peu plus grands que les autres, mais qui boivent toutefois leur Kro au goulot.

 C'est au milieu de toute cette réalité crue, et de la nature qui borde la cité, que Christophe Honoré a choisi d'installer le divin.Les scènes filmées, en apparence, de façon très neutre et sans artifices, alternent avec les plans plus réfléchis, plus léchés, notamment à la fin de chaque mythe.  On se rend finalement compte que chaque scène, sous ses airs ordinaires, est en fait pleine de sens.
La nature se fait berceau du divin : l'eau, la terre et l'air sont omniprésents dans les différents plans. On trouve ainsi une forme de paganisme dans la caméra du réalisateur, le divin se trouve même dans le vent qui fait onduler les cheveux des filles qui admirent Narcisse.

La BO, à l'image du film, alterne entre les classiques comme Ravel et Baxter Dury.

J'ai aimé la richesse du film, l'abondance de métaphores, d'images, de sens cachés qui traduisent le foisonnement et la profondeur du texte latin.

J'ai également apprécié la relative absence de dialogues et de psychologie des personnages qui laissent toute liberté et toute latitude au spectateur de s'approprier ces mythes.

La versatilité du scénario m'a moins convaincue:  sa narration n'est pas linéaire et procède beaucoup par flash backs, lesquels arrivent parfois sans transition, un peu comme un cheveu sur la soupe.

Il me semble qu'il est nécessaire d'être familier avec ces mythes pour apprécier le film à sa juste valeur. Il est, de ce fait, un peu réservé aux happy few (ce qui lui a d'ailleurs valu une certaine réputation de film snobinard).

C'est surtout un film audacieux, déroutant, une adaptation protéiforme, très peu académique d'un texte on ne peut plus classique. L'oeuvre d'Ovide n'est néanmoins absolument pas dénaturée, mais, au contraire, plutôt enrichie par ce nouveau regard moderne.
Un beau défi relevé avec beaucoup de finesse. Chapeau bas Monsieur Honoré.

 # Jedi

metamorphoses bis

 

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