La semaine des 4 jeudis

30.09.14

Embarquées....

On habite un endroit qu'on a pas vraiment choisi, on le snobe un peu mais ce n'est qu'après plusieurs années qu'on en découvre l'intérét.

 

 

Pour nous les hortillons d'Amiens, c'était: "Oui c'est vrai, il faudrait qu'on pense à les visiter!" mais la balade était toujours remise à plus tard. "On est quand même pas des touristes, on a le temps!"

Cependant, avec ce dimanche ensoleillé, inespéré pour une fin septembre, nous avons sauté le pas. Dans le cadre d'Art, Ville et Paysage, des installations de paysagistes et d'artistes sont proposées aux promeneurs sur les îlots des marais que sont les hortillons, .

Nous avons, donc, emmené un pique nique et loué quelques barques pour découvrir l'étendue des hortillons amiénois.

 

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Ce sont des barques avec un petit moteur électrique, d'où notre déception car nous avions convié les plus gros biceps de nos connaissances pour ramer à notre place. Les gros biceps, possédant évidemment de petits cerveaux, ont passé leur temps à essayer de faire la course, de faire gîter la barque ou d'arroser les occupants. Conclusion, ils se sont révélés plus nuisibles qu'utiles, nous aurions du embarquer un poète fluet qui aurait déclamé des vers à la proue de l'embarquation.

Dépaysement total, nous sommes presqu'en ville mais en pleine nature, naviguant sur des petits rieux bordés de joncs et de saules pleureurs. De temps en temps, nous abordons une île confiée à un paysagiste et à un plasticien qui ont exploité un thème: "jardin des rives" "la terre est basse" "Le syndrome de la page blanche". Nous attachons, alors, notre barque et découvrons ce que les artistes ont imaginé....

 

 

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Jeudi nous a même raconté (après plusieurs verres de vin) qu'il existait une île secrète où les connaisseurs se retrouvaient pour faire des messes noires façon barbecues, les soirs de pleine lune.....Tels des pirates dans la mer des Caraïbes nous avons exploré le moindre recoin des hortillons sans la trouver, au désespoir des enfants qui rêvaient de leur île mystérieuse

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Franchement cette promenade nous aurions du la faire, il y a bien longtemps....

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23.09.14

C'est l'automne...

 

 

 

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.... jusque dans mes jardinières!

 

# Jedi

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22.09.14

métamorphoses, Christophe Honoré

METAMORPHOSES

J'ai guetté l'arrivée de ce film dans ma ville depuis le mercredi de sa sortie et j'ai bien failli le manquer puisqu'il est passé dans le plus petit des trois cinémas d'Amiens. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas.

 Comme il l'avait déjà fait avec Mme de la Fayette pour La Belle personne, Christophe Honoré adapte l'oeuvre d'Ovide de façon très personnelle et réussie.

 

 Toute la richesse du film tient dans son ambivalence entre naturalisme/réalisme et symbolisme, Christophe Honoré mêlant sans cesse le trivial au divin.

Ces métamorphoses (le titre d'Ovide perd son M majuscule, premier signe de l'incursion du trivial au sein de l'oeuvre) se déroulent dans le Sud de la France, en partie dans des cités populaires, vétustes, désoeuvrées. Les acteurs sont des amateurs, des jeunes qui ne jouent pas toujours forcément très juste, rapprochant ainsi parfois le film du documentaire.
Les corps sont filmés sans retenue ni complaisance (les boutons, les bourrelets, le grain de la peau, les corps vieillis de Philémon et Baucis...) avec une insistance qui évoque spontanément la statuaire grecque bien qu'on soit loin de ses canons et que ces corps n'aient rien de divin aux yeux des diktats plastiques de notre époque. Christophe Honoré n'utilise pas le moindre effet spécial pour ces métamorphoses, il a choisi de procéder par changement de plan, de lumière. Les dieux de l'Olympe sont des jeunes de cités, certes un peu plus grands que les autres, mais qui boivent toutefois leur Kro au goulot.

 C'est au milieu de toute cette réalité crue, et de la nature qui borde la cité, que Christophe Honoré a choisi d'installer le divin.Les scènes filmées, en apparence, de façon très neutre et sans artifices, alternent avec les plans plus réfléchis, plus léchés, notamment à la fin de chaque mythe.  On se rend finalement compte que chaque scène, sous ses airs ordinaires, est en fait pleine de sens.
La nature se fait berceau du divin : l'eau, la terre et l'air sont omniprésents dans les différents plans. On trouve ainsi une forme de paganisme dans la caméra du réalisateur, le divin se trouve même dans le vent qui fait onduler les cheveux des filles qui admirent Narcisse.

La BO, à l'image du film, alterne entre les classiques comme Ravel et Baxter Dury.

J'ai aimé la richesse du film, l'abondance de métaphores, d'images, de sens cachés qui traduisent le foisonnement et la profondeur du texte latin.

J'ai également apprécié la relative absence de dialogues et de psychologie des personnages qui laissent toute liberté et toute latitude au spectateur de s'approprier ces mythes.

La versatilité du scénario m'a moins convaincue:  sa narration n'est pas linéaire et procède beaucoup par flash backs, lesquels arrivent parfois sans transition, un peu comme un cheveu sur la soupe.

Il me semble qu'il est nécessaire d'être familier avec ces mythes pour apprécier le film à sa juste valeur. Il est, de ce fait, un peu réservé aux happy few (ce qui lui a d'ailleurs valu une certaine réputation de film snobinard).

C'est surtout un film audacieux, déroutant, une adaptation protéiforme, très peu académique d'un texte on ne peut plus classique. L'oeuvre d'Ovide n'est néanmoins absolument pas dénaturée, mais, au contraire, plutôt enrichie par ce nouveau regard moderne.
Un beau défi relevé avec beaucoup de finesse. Chapeau bas Monsieur Honoré.

 # Jedi

metamorphoses bis

 

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21.09.14

Happy birthday Leonard....

 

parce qu'il a bercé toute notre enfance et notre adolescence.....

Quand nous l'entendions dans la maison, nous savions qu'il ne fallait pas déranger maman, qu'elle était en mode intérieur, qu'elle s'était repliée comme se ferme une main.

http://www.youtube.com/watch?v=bGCRaf-pQ0I

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=6fMnF0Fvdp

 

 

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20.09.14

Défi culinaire du dimanche #5; la tarte aux noix

 

 

 

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 Dans le carnet de cuisine de maman, il est écrit "recette de madame Doucet, mère de Martine", hé bien, je pense que nous pouvons attribuer le titre de bienfaitrice de l'humanité à madame Doucet. En effet, à moins de détester les noix ou de faire un régime draconien (inutile! L'hiver arrive et pour peu que vous soyez frileuse et adepte de la doudoune, vous aurez l'air d'un saucisson, bourrelets ou pas bourrelets!), c'est impossible de ne pas se régaler avec cette tarte qui se fait la veille du jour J et peut se conserver une semaine...

Deux façons de la faire, à la paresseuse avec une pâte sablée toute faite ou bien à la réglementaire comme ceci:

Le fond de la tarte:

_140 grs de farine

_50 grs de sucre glace

_50grs de beurre

_1 oeuf

_1 pincée de sel

Mélanger le beurre en morceaux, le sucre glace, les oeufs et la farine. Etaler la pâte au rouleau sur une feuille de papier cuisson (aïe, aïe, ça colle!)  Tapisser un moule de 28cm, piquer le fond avec une fourchette et mettre au four (180°, 12 mns environ). La pâte doit être cuite mais rester blanche. 

(Le jedi vous donne un petit truc: Pour que les bords ne s'éffondrent pas à la cuisson, une fois la pâte étalée, remettez la au frigo avant de l'enfourner. Merci qui? )

Garniture aux noix:

_150grs de sucre semoule

_150 grs de crème fleurette

_150 grs de noix hachées plus ou moins grossièrement

Mettre le sucre dans la casserole, laisser caraméliser, lorsque le sucre est blond, ajouter lui la crème fleurette bouillante. Mélanger bien et ajouter les noix hachées. Etaler cette  préparation sur le fond de tarte. Cuire à 180° pendant 20 à 30mns

(Attention, le léchage de la casserole est exclusivement réservé à celui qui a épluché les noix, sinon, la prochaine fois, vous serez seule à le faire!)

Glaçage au chocolat:

_80grs de chocolat de couverture

_80grs de crème fleurette

_16 cerneaux de noix

Porter à ébullition la crème fleurette. Ajouter hors du feu le chocolat cassé en petits morceaux. Laisser fondre. Quand le mélange est lisse et brillant, napper la tarte refroidie avec la ganache puis décorer avec les cerneaux de noix

 Une fois que vous l'aurez goûtée, je suis sûre que je vais devenir votre référence absolue question dessert (ah non, pardon, madame Doucet, la mère de Martine sera votre référence absolue!)

Seul risque encouru, commettre un péché mortel!

 

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Avant d'enfourner

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Au sortir du four

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Et pourquoi pas en tartelettes

 

 

 

#Jedi

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19.09.14

James Salter, le mouvement de la vie.

 

 

Une vie et rien d'autre,

la vie de Philp Bowman, jeune officier pendant la guerre contre le Japon puis employé dans une maison d'édition.

Si nous avons tendance à vivre le présent comme un flux continu de temps, notre passé est perçu comme morcelé, distordu. Certains épisodes sont étirés, montrant une disproportion quant à leur durée réelle, nous nous en souvenons comme s'ils s'étaient étendus sur plusieurs années alors qu’ils n’ont concerné tout au plus quelques mois. Inversement, certains sont raccourcis. D'autres moments sont incolores alors que quelques uns restent précis et chatoyants. Peut-on penser que c’est leur charge émotionnelle qui les dilate ou les raccourcit, qui les efface ou les archive ?

Salter nous prouve dans ce roman que c'est leur charge romanesque. En effet, la vie de Bowman que Salter relate dans ce roman, ou plutôt telle que Bowan, lui même, pourrait la raconter est une vie discontinue et fractionnée, faite d'instants et d'épisodes précis, sans hiérarchie sur le récit. Inutile d'imaginer une chronologie, il fait de la vie de son personnage une succession de souvenirs quelquefois essentiels mais aussi très souvent périphériques. Ce sont donc des moments qui passent, où l'assassinat de Kennedy fait une ligne et la rencontre d'une femme plusieurs pages....Car la grande affaire de Salter, c'est de saisir, par des chemins de traverse, l'écoulement du temps, le lent délitement des amours, les amitiés qui durent malgré tout, la société qui change... Certains personnages sont à peine esquissés et il saisit la profonde vérité de certains autres par des détails qui paraissent anodins, il ne cherche ni à comprendre ni à juger, il se contente de dévoiler leur  singularité avec une tendresse sous-jacente.

Évidemment, c'est un roman mélancolique puisqu'il traite de la fuite du temps et de la fragilité du bonheur mais il n'y a, chez lui aucune amertume mais l'acceptation totale de l'éphémère d'une vie humaine.

  La grande force de Salter c'est également l'élégance et la clarté de son style parfaitement rendues par la traduction.

" C'était une vie plus importante qu'il n'y paraissait, un oeil gardé sur l'histoire, l'architecture et la conduite humaine....avec des après midi incandescents en Espagne, les volets clos, une lame de soleil se glissant dans la pénombre"

Il faut vraiment lire Salter

 

 

 

#je dis

 

 

 

 

 

 

 

 

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14.09.14

Et plonger dans les yeux opaques des femmes de Modigliani...

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  Ce qui nous lie à l'Autre, qui nous fait entrer en communication, c'est d'abord un jeu de regard, qu'il se plante droit, qu'il fuit, qu'il se retranche à mi-paupières.

Il en est de même pour les portraits.

Les femmes de Modigliani sont étranges, souvent elles n'ont pas de regard, leurs yeux sont des fentes opaques et profondes comme les deux yeux d'un masque, le nez est long, ce n'est qu'un trait sans relief, la bouche est petite et leur visage pointu est posé sur un long cou souvent penché. Pourtant si elles portent un masque, leur corps aux larges hanches n'est que courbes, sensualité et douceur. Cette opposition les rend fascinantes, mystérieuses, mélancoliques, paradoxales, à la fois très proches et inaccessibles.....

Lors d'un stage pédiatrique d'une semaine à Lille sud, j'ai pu prendre le temps de visiter le LaM (Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut de Villeneuve d'asq), que je connaissais déjà mais dont je ne me lasse ni des tableaux, ni du parc alentour, ni de l'architecture très réussie en cubes de briques et baies vitrées.

Après une petite nuit, à l'ouverture, c'est un lieu serein, il n'y a personne que les femmes de Modigliani qui vous invitent, qu'elles soient mères ou putains, à plonger dans leurs regards opaques.

 

Dualité de cette maternité, mère au corps plein, habillée de vêtements confortables, aux couleurs chaudes, mais si je m'approche, ce visage sans regard et ces traits aigus sont froids et glaçants....

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 ou dualité de ce nu aux cuisses lourdes, au geste pudique et à l'inclination tendre de la tête qui sont démentis par le masque du visage dissymétrique et goguenard

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Tout est question de regard, du portrait de Kees Van Dongen, explosant de contrastes et de couleurs avec ses deux yeux comme des grottes jumelles.

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 aux totems de Chaissac, corps fractionnés, empilés, yeux écarquillés, effrayés de nous voir. (Ce sont ces deux personnages qui, alors, semblent  nous regarder et nous renvoyer notre propre difformité.)

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ou aux masques noirs et à ce visage troublant dans la robe de mariée d'Annette messager qui joue avec les images et nos peurs d'enfant

 

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ou encore aux idoles hiératiques de Fernand léger, statues cernées de noir....

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Les collections du LaM sont constitués d'une donation de Geneviève et Jean Masurel, très riche en peintres cubistes dont quelques Braque et un Picasso mais je préfère le lyrisme contenu de Miro ou les compositions d'André Masson.

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Ce musée accueille également la donation de l'Aracine, collection d'art brut qui désarçonne.

Il est difficile de définir ce que nous décidons être de l'art, ce n'est ni le beau, ni la perfection technique, ni le hasard, mais ce rapport d'humain à humain qui provoque en nous une émotion transcendante. A ce titre, l'art brut est "dérangeant" parce qu'il échappe au système et que ses limites sont difficiles à déterminer. Dubuffet le définissait ainsi: "L'opération artistique toute brute, pure, réinventée dans l'entier de toutes ses phases, par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions."

Ici, il peut être, aussi, question de regard puisque nous sont montrées les oeuvres des médiums et des aliénés, souvent caractérisées par une vision intérieure, une démarche et une technique picturale précise et obsessionnelle.

 

 

Augustin Lesage, mineur de fond, entend une voix lui dire qu'il va être peintre. Il se consacre, donc, à la peinture, guidé par des esprits. Ses tableaux sont extrêmement fouillés alternant des éléments décoratifs à des images symboliques.

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Plombier zingueur guérisseur et  médium, Fleury Joseph Crepin entend, lui aussi, des voix en 1939 lui affirmer que, s'il peint 300 tableaux, la guerre finira et, qu'après 45 tableaux merveilleux de sa main, le monde sera pacifié. Il peint, alors, des scènes caractérisées par des couleurs éclatantes et une sorte de pointillisme en relief. Comme Augustin Lesage la symétrie et même une sorte de géométrie semble déterminante dans ses tableaux comme une volonté d'ordonner et de circonscrire le monde.

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 Les chemins de l'art brut passent aussi par des sculptures monumentales hantant les lieux du rêve

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ou modestes mais "habitées" comme des poupées vaudou

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et des machines entre Jules Verne, le professeur Tournesol et Géo Trouvetout.

Bon sang ne saurait mentir,  j'ai vraiment aimé les machines étranges d'A.C.M

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ou le spoutnik d'André Robillard

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Un dernier tableau m'a beaucoup fait rire, un portrait qui réunit Obama et sa femme ainsi que Mr et Mme Sarkosy (quand on vous dit que l'artiste est un voyant!)

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 Si vous passez par Villeneuve d'Asq, ce musée et ce parc valent vraiment le projet d'y venir et revenir, comme nous y invite, d'ailleurs, ce petit personnage de Chaissac qui nous promet le bonheur.

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#je dis

 

 

 

 

 

 

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12.09.14

Salade de courgettes au brebis

Aujourd'hui je partage avec vous une recette testée et approuvée tout au long de l'été. C'est bon, c'est frais, ça change et quand on a un papa dont le jardin produit beaucoup trop de courgettes, ça ajoute une recette de plus pour éviter l'indigestion de flan de courgettes, courgettes farcies et autres poélées de courgettes.

 

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Pour 4 personnes:

4 petites courgettes bio

150 gr de fromage de brebis (sec)

50g de noisettes.

Ciboulette

huile de noisette et huile d'olives

le jus d'un dem citron.

 

Lavez et essuyez les courgettes. Rapez-les à la grosse grille. Salez-les et laissez-les dégorger un moment (ne tardez pas trop non plus sinon vos courgettes seront trop aqueuses).
Concassez les noisettes et faites-les griller.
Dressez vos courgettes rapées dans les assiettes.
Assaisonnez-les avec les deux huiles et le jus de citron émulsionnés et relevés d'une pointe de sel.
Parsemez de copeaux de fromage de brebis, des noisettes concassées et de ciboulette hachée.

 

 

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# Jedi

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11.09.14

Coeurs en hiver....Winter sleep.....

 

Quand j'ai lancé à la cantonade :

"Qui veut aller voir la palme d'or de Cannes, au ciné, ce soir"

Je n'ai eu que des réponses positives au point que nous aurions pu remplir un quart de la salle.

"Mais, au fait, de quoi ça parle?

"Ben, ça se passe au centre de l'Anatolie pendant l'hiver dans un hôtel isolé tenu par un ancien acteur entouré de sa femme et sa soeur, avec lesquelles il est en conflit. C'est un film turc de 3h15, en VO"

Éclats de rire autour de moi.

D'accord je vous l'accorde, ce n'est pas très vendeur et j'ai laissé passer une occasion de me taire car chacun a trouvé soudainement une occupation impossible à remettre, trier ses ticheurtes par couleurs, se faire une manucure, compter ses cheveux, ranger l'atelier, ramasser les tomates ....

et... je me suis retrouvée toute seule au cinéma.

 

N'imaginez pas voir un film turc malgré la nationalité de l'auteur, Nuri Bilge Ceylan, il est inspiré de nouvelles de Tchekhov, ce film est russe, profondément russe. Ces plateaux, battus par les vents et la neige, l'intérieur de l'hôtel qui ressemble à une isba dans sa pénombre et son confort, le thé offert, la chasse et l'ivresse entre hommes sont russes. Les personnages mélancoliques et désenchantés sont russes. Les problématiques discutées par Aydin, Nihal et Necla et le poids du destin sur leurs têtes sont russes. D'ailleurs si Tchekhov est extrêmement présent, on sent par allusion Dostoïevsky et Tolstoï.

Le personnage principal, Aydin, est un ancien acteur fort de ses certitudes morales et persuadé d'être une personne juste. Cette suffisance va être mise à mal par un gamin qui lance une pierre dans la vitre de sa voiture parce qu'un huissier est venu saisir les biens de ses parents qui ne payaient pas leur loyer. Cette anecdote ébranle les certitudes d'Aydin et ravive les conflits latents entre sa jeune femme pour qui les valeurs de son mari ne servent qu'à écraser les autres et sa soeur, qui lui reproche de ressasser sans avoir de prises de positions vraiment personnelles et originales.

C'est un film lent, assez bavard, tout en clair-obscur, académique mais d'une grande beauté plastique. La photo est magistrale, toujours pensée, toujours symbolique, elle établit sans cesse une correspondance entre la nature et les sentiments. Cependant nous ne pouvons pas avoir vraiment d'empathie pour ces personnages désenchantés. Malgré le vernis des apparences, ils sont tellement sous l'emprise de leur passé et de leurs échecs qu'on peine à s'identifier. Nous sommes pris en otage, un peu voyeurs de cette intimité triste. La dernière scène, une magnifique déclaration d'amour, remet un peu de lumière dans ces coeurs en hiver.

On sent une réelle maîtrise du réalisateur et son goût pour un type de cinéma illustré par ses prédécesseurs, le suédois Ingmar Bergman (Scènes de la vie conjugale) ou l'italien Antonioni (La nuit).

Je n'ai pas senti passer les 3 heures du film, immergée dans l'hiver de la Capadocce mais je n'étais pas très gaie en sortant. Le film ne vous laisse pas indemne...

 

#je dis

 

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10.09.14

Après une nuit d'insomnie......

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Après une nuit d'insomnie, je suis d'une humeur de chien!

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