La semaine des 4 jeudis

02.05.16

L'avenir de Mia Hansen-Love

 

Critique L'Avenir

 

 

Mais qu'a voulu nous dire Mia Hansen love sur l'avenir de ce prof de philo quittée par son mari à la cinquantaine? Hé bien pas grand chose, ce n'est pas un séisme dans sa vie, elle ressent une peine raisonnable et ne se décide ni à prendre un jeune amant ni à rejoindre définitivement dans le Vercors un de ses anciens élèves pour faire la révolution. "Elle n'en a plus l'âge" dit elle. Même la mort de sa mère l'affecte modérément, si ce n'est de lui faire hériter d'un chat bien encombrant. Ce n'est pas qu'elle soit plus dure qu'une autre mais elle a une vie intellectuelle qui la comble. Cette nouvelle liberté qui lui échoie, "je n'ai jamais été aussi libre" ne sera pas une remise en question de sa vie mais une ouverture plus seraine à une forme de sensualité  du monde qui lui échappait.

Ce n'est donc pas un film à thèse, ni un drame sur un tournant de la vie que Mia Hansen Love a réalisé, juste un film descriptif, un film de climat, à la manière d'un Téchiné, ou d'un Rohmer, où les paysages, les lieux, les objets, la maison Bretonne, les fleurs, les livres lus, Jankélévitch, Lévinas, la ferme du Vercors, la caresse du soleil et....la chatte Pandora prennent à l'image une importance presqu'aussi sensible que les personnages.

C'est un beau film doux et sans "pathos", un brin intello, un brin parisien....et alors?

 

 

    " Nous ne tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l'avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; ou nous rappelons le passé pour l'arrêter comme trop prompt ; si imprudents, que nous errons dans des temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient ; et si vains, que nous songeons à ceux qui en sont plus rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C'est que le présent, d'ordinaire, nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu'il nous afflige ; et s'il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l'avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où nous n'avons aucune assurance d'arriver.

    Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l'avenir. Nous ne pensons point au présent ; et, nous y pensons, ce n'est que pour en prendre la lumière pour disposer de l'avenir. Le présent n'est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitables que nous ne le soyons jamais."

Blaise Pascal

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30.04.16

Printemps

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On pensait être revenu de tout, on pensait n'avoir plus de goût pour les paysages d'ici, on pensait être indifférent à ce printemps maussade  mais au détour d'une départementale, il nous prend au dépourvu. Alors on arrête la voiture sur le coté et on regarde ébahi, le jaune du colza, le vert du blé en herbe, le mauve du ciel, le gris des nuages comme le tableau fugace d'un peintre.

Tant pis pour l'heure, si je suis en retard, je dirai : je me suis laissée prendre par la lumière du printemps.

 

 

 

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25.04.16

Un selfirondelle.....

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Un téléphone ouvert, l'hirondelle passe, pose une patte et se fait un selfie. Surprise!

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21.04.16

Mémoire de fille d'Annie Ernaux

 

 

 

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Longtemps, Annie Ernaux, avait pensé inracontables ces jours d'août 58 où elle connut sa première expérience sexuelle. Elle tournait autour de ces journées les considérant comme fondatrices dans son histoire et dans sa démarche d'écrivain qui cherche à dire la vérité du "je" en visant l'universel. Ce n'est pas seulement La "honte" ressentie, sentiment récurrent chez Annie Ernaux, qui semble l'avoir empêché d'écrire mais aussi l'impossibilité de retrouver, de s'identifier, aujourd'hui, à cette jeune fille de 18 ans, c'est d'ailleurs la dernière phrase de son livre."Explorer le gouffre entre l'effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l'étrange irréalité que revêt des années après, ce qui est arrivé."

Eté 58, une colonie de vacances à Sées où Annie Duchesne est monitrice. Premières expériences loin du carcan familial. Elle se laisse séduire par un garçon qui la délaissera presque aussitôt et finira, "ivre d'être désirée"  dans le lit des uns et des autres.

J'ai trouvé le sujet difficile et parfaitement intime, mais à son habitude, Annie Ernaux réussit à la fois une relation crue et très réaliste des faits et une mise à distance assez neutre. Elle dit "je" quand elle parle d'elle aujourd'hui mais elle dit "elle" quand elle parle de cette fille de 58. Il n'y a pas vraiment de chronologie mais un entrelacement des époques en regard avec les faits relatés, et, ce travail sur l'élaboration de la vérité du souvenir m'a vraiment fascinée. Elle cherche des lieux, des notes, des lettres, l'adresse du garçon aujourd'hui, pour être la plus juste, pour être la plus objective sur cette fille de 58 qui a fait d'elle un écrivain, tout en sachant, peu à peu, que sa quête est vaine. Mais ce sont ses tentatives qui, justement, nous rendent cette impression de vérité et d'universalité.

J'ai vraiment beaucoup aimé, mais je suis toujours emballée par "l'autosociobiographie" d'Annie Ernaux. Je n'ai pu m'empêcher de relire à la suite "L'amant" de Marguerite Duras (vivent les insomnies!) qui, sur un sujet très semblable, dit autre vérité littéraire.

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16.04.16

Les Rouart, peintres....

 

 

 

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La famille Rouart fut intimement liée à la peinture au XIXème et XXème siècle, en temps que collectionneurs mais aussi comme peintres. Le musée de Pont Aven leur consacre une exposition où sont présentées des oeuvres d'Henri, élève de Corot, d'Ernest, élève de Degas et époux de Julie Manet (elle même fille de Berthe Morisot et nièce d'Edouard Manet) et d'Augustin, petit fils d'Henri .

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Julie Manet

 

Si ce ne furent pas de "grands" peintres, ils laissèrent une oeuvre qui témoigne de leur quotidien, peignant leurs proches, leurs maisons, leurs jardins.

Au retour de l'expo, nous discutions avec Jeudi pour essayer de comprendre pourquoi nous étions quelquefois plus touchées par la peinture des "petits peintres" que par celles des peintres majeurs. Les Rouart nous apportent une réponse limpide. Leurs sujets sont accessibles, leur technique n'a pas la volonté d'être révolutionnaire, leur regard est modeste et notre oeil a pour eux la fraîcheur de la découverte. 

 « Pour les Rouart, qui ont retenu l’austère leçon de Degas, l’art ne se nourrit pas d’une ambition sociale ou mondaine et ne peut être l’instrument d’une gloire personnelle »,

 

HENRI

La Seine aux environs de Rouen

 

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Hélène Rouart lisant dans le Jardin de Melun

 

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Portrait de Julie Manet

 

Ernest Rouart, Le Jardin de la Queue - en - Brie huile sur toile - collection particulière 

Le jardin de la maison de la "Queue en Brie"

 

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Femme dans le jardin de la Queue en Brie

 

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Deux femmes sur un canapé rayé

 

Parfois, un petit air de Hopper.....

 

 AUGUSTIN

Style très différent de ses deux ainés, proche des Nabis, on devine une forte influence japonisante. Nous avons beaucoup aimé cette peinture aux couleurs vives et aux cadrages parfois étranges, très proche de l'illustration, nous avons pensé à Carl Larsson ou Yan Nacimbene, par exemple.

 

 

 

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Et aussi

 

Et aussi, toujours d'Augustin

 

 

Et aussi, toujours d'Augustin

 

 

J'aime les portraits d'Augustin Rouard

 

 

 

Si vous passez par pont Aven, ne manquez pas cette expo qui se termine en septembre

 

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Evitez les jours de pluie....Il y a beaucoup de monde.

 Et si vous désirez en savoir plus sur cette famille de peintres, Dominique Bona a écrit un livre (livre que nous n'avons pas lu) sur les deux soeurs Lerolle, Yvonne et Christine, immortalisées au piano par Renoir et qui ont épousé Eugène et Louis Rouart.

 

 

 

 

 

 

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10.04.16

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08.04.16

Expo Albert Braïtou Sala et gastronomie (encore!)

 

 

 On méprise un peu le peintre de portraits mondains, même si quelques grands noms se sont rompus à l'exercice.

Il ne s'agit pas dans ces portraits d'exprimer une subjectivité propre devant un modèle, ni de laisser transparaître une vérité de la personne, mais au contraire, le peintre doit montrer "une technique " respectable qui contente le goût bourgeois et reflète l'image sociale, la position, l'élégance et la beauté que s'imagine posséder le commanditaire du tableau.

Ce sont des peintures idéalisées où l'on choisissait une robe de couturier, une pose élégante, et le décor dans lequel le peintre allait vous poser. Pourtant si on accepte ses "à priori", notre frivolité et notre snobisme ont fait le reste et nous avons beaucoup apprécié l'expo "Braïtou Sala" à la"piscine de Roubaix

 

 

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Bel autoportrait, en élégant, aux courses.

 

C'est dans le portrait des enfants que Braïtou Sala semble avoir le plus de liberté. L'enjeu social est moins important. Il saisit alors une vérité plus objective de l'enfance par l'instantanéité des poses et la fraîcheur des regards.

 

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Mais quand il représente le couple mère-enfants, image sociale idyllique de la famille, le formalisme redevient prépondérant et comme pour les madones du quattrocento, c'est un paysage presque onirique qui se déploie en arrière plan

 

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C'est dans ces portraits de femme qu' Albert Braïtou Sala montre son art de peindre la raideur, la souplesse, la matière des tissus, la moire du satin, la brillance de la soie, la matité des cotonnades, la transparence .

Le modèle est presque occulté par la somptuosité du vêtement. 

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Un coup de coeur pour la composition et les couleurs de cette danseuse endormie.....

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Ce peintre de la vie mondaine, juif tunisien né à La Goulette aura une partie de sa famille décimée dans les camps nazis lors de la seconde guerre mondiale.

 

 

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Après une telle expo, il nous fallait un électrochoc, nous sommes donc allées déjeuner au Bloempot où les beaux serveurs tatoués jusqu'aux coudes, rasés ou franchement barbus nous ont servi une excellente cuisine d'un bon rapport qualité prix, ce qui nous a nullement empêcher de finir par un merveilleux, rue de la monnaie et par 4 éclairs (aussi beaux que bons, un chou tendre et pas cartonneux, une crème légère, une mince couche de fondant.) de chez Eclairs Emois pour le goûter (nous finirons par n'avoir plus aucun espoir de rentrer dans les merveilleuses robes de Braïtou Sala.... tant pis!).

 

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05.04.16

"Les rêveries du gourmet solitaire" de Taniguchi et Kusumi, spécial dédicace...

 

 

 

 

A Fabien, (même s'il est beaucoup moins solitaire!)  dont le blog est aussi une invitation à faire chanter l'huile dans la poêle, aiguiser les couteaux, peler les légumes, monter les blancs en neige, faire siffler la vapeur, saler, sucrer poivrer, dresser le couvert et savourer l'instant.....

 

 

Les Rêveries d'un gourmet solitaire

 

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Extrait des Rêveries d’un gourmet solitaire. (crédit: J.Taniguchi/Casterman)

 

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Etrange manga qui raconte en différentes petites scènes la balade gustative d'un homme dans les rues de Tokyo ou d'ailleurs (un petit passage à Paris, pour déguster un couscous).

Le texte épuré, le cheminement tranquille, les recettes précises disent beaucoup du Japon et du plaisir à savourer les choses simples, un riz au thé vert ou un ramen à l'os gras. Plus qu'à la cuisine, il nous ouvre à une certaine philosophie de la contemplation, de la lenteur, du réel et du pouvoir de la sensation.

Taniguchi nous parle avec son trait limpide d'une certaine idée du bonheur.

 

 

 

 

Vous lirez Elena Ferrante....

 

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Histoire d'une amitié à Naples, dans un quartier populaire, entre la fille du cordonnier, Lila Cerullo, et la fille du portier de la mairie, Elena Greco, qui est aussi la narratrice du roman. L'une est fantasque et brillante, l'autre terne et sage  mais leurs origines, l'évolution sociale de l'Italie dans les années 60/70, leurs choix personnels et leur volonté d'émancipation les mèneront à suivre un parcours bien différent.

Magnifique roman d'apprentissage, cruel et âpre, aussi attentif à la subjectivité des personnages qu'au déterminisme de classe.

Ferrante n'a aucune complaisance , elle semble observer ces deux filles de façon presque entomologique comme elle observe le bouleversement de ce quartier de Naples et ses habitants. La société se modernise dans l'effervescence de l'après guerre, les petits métiers disparaissent, la "camorra" devient déterminante et le patriarcat latin vacille.

Elena et Lila pour tenter d'échapper au destin de leur mère choisissent, l'une de poursuivre ses études, sans cesse rattrapée par le sentiment de n'être pas à sa place et, l'autre, "la prodigieuse" Lila, d'épouser un homme riche quelle méprisera le jour même de son mariage.

Le roman est parfaitement construit, maîtrisé, d'une écriture réaliste, précise et colorée. L'auteur joue subtilement de la dualité entre fascination et jalousie des 2 protagonistes, et certaines scènes dans la justesse de leur évocation de l'enfance, de l'adolescence ou des amours de jeunesse sont inoubliables.

Je n'ai pas pu m'empecher de rapprocher ce roman de "La Storia" d'Elsa Morante dont il partage une sorte férocité.

A lire d'urgence!

 

 

 

 

 

03.04.16

Jacquard

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Le seul moyen d'utiliser ses pelotes de laine restantes, c'est de se lancer dans un pull jacquard.

Cependant, il est recommandé d'utiliser une seule sorte de laine pour éviter un effet ondulatoire et irrégulier sur le pull qui le destinerait au mieux à sortir les poubelles, ou, éventuellement, à être offert à la mère de Romain Duris dans les poupées russes.

Ici, j'ai donc utilisé mes restes de Holst Garn soft. Les tons de cette gamme de laine sont tellement beaux qu'ils s'accordent vraiment tous entre eux.

Le jacquard oscille entre le pire et le meilleur du tricot. Le meilleur pour la créativité qu'il permet, choix du ton, du motif etc....on ne s'ennuie pas et le pull avance très vite et, le pire, pour le changement des fils de couleur et le camouflage des reprises de laine qui rendent les finitions longues...très longues.

Holst Garn soft, tricotée en double, aig 4,5, Dos: 80m, Devant 40m, emmanchures 4m puis 2m puis 1m, Col devant dim 1m ts les 2 rgs à 3 m du bord. Manches 40 m puis aug régulièrement pour atteindre 72m puis abattre 4m puis 2m puis 1m de chaque coté et, enfin, les m restantes

Coloris : Dark Apple, Topaze, Sage blue, Verbena, Geranium, Nougat, Truffle

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